Procès de Slobodan Milosevic - Fin prématurée de la phase des accusations

La Haye - La première phase du procès de Slobodan Milosevic a pris fin hier à La Haye, le procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) ayant été autorisé à interrompre la présentation de ses accusations, retardée à de nombreuses reprises en raison de l'état de santé de l'ancien président yougoslave.

Il restait normalement deux jours d'audience de témoins mais l'accusation a demandé à soumettre ces témoignages à la cour par écrit pour éviter tout nouveau report.

Inculpé de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre en Croatie, en Bosnie et au Kosovo, Milosevic assure sa défense depuis l'ouverture de son procès, en février 2002. Il souffre périodiquement d'hypertension, de grippe et d'épuisement.

Le procès pourrait s'étaler jusqu'en 2006 si la défense de Milosevic prenait autant de temps que la phase d'accusation.

L'annonce, dimanche, de la démission pour raisons de santé de Richard May, le juge qui présidait les débats, a un peu plus compliqué la situation, certains craignant que l'ancien président ne réclame un nouveau procès.

Milosevic, qui se décrit comme un homme de paix dans les Balkans et refuse d'accorder toute légitimité à la cour de La Haye, estime que les 66 chefs d'accusation déposés contre lui ne sont que des mensonges fabriqués pour des raisons politiques.

Il doit entamer sa défense le 19 mai prochain.

De son côté, l'équipe de procureurs entourant Carla del Ponte a entendu plus de 290 témoins et présenté 29 000 pages d'enquête.

Le tribunal a cité comme témoins l'ancien commandant des forces de l'OTAN, Wesley Clark, l'émissaire britannique dans les Balkans, Paddy Ashdown, l'ancien chef de la résistance serbo-croate, Milan Babic, des réfugiés kosovars ainsi qu'une ex-secrétaire du chef de guerre serbe Serb Arkan.

Pendant ces audiences, la cour a entendu des témoignages sur le massacre de Srebrenica, en 1995, pendant lequel 8000 Musulmans ont été tués par les forces bosno-serbes, sur les combats en Croatie en 1991 et sur les atrocités au

Kosovo.

Dans ce dernier conflit, à l'aube du XXIe siècle, plus de 250 000 personnes ont perdu la vie.