La charte de la laïcité, un débat «inutile et stérile»

Louise Arbour livrant un discours lors du gala du Center for Reproductive Rights, au centre Lincoln, à New York en octobre 2014
Photo: Neilson Barnard Agence France-Presse Louise Arbour livrant un discours lors du gala du Center for Reproductive Rights, au centre Lincoln, à New York en octobre 2014

Après une longue carrière à l’étranger, où elle a occupé les prestigieuses fonctions de procureure en chef au Tribunal pénal international et de haute-commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, Louise Arbour est maintenant rentrée à la maison. L’Ordre du mérite qu’elle vient de recevoir de l’Association des diplômés de l’Université de Montréal est pour elle « le prix du retour ». « J’ai été absente longtemps et rentrer chez moi et retrouver les anciens, ça me fait énormément plaisir », a-t-elle confié au Devoir.

Mais tout ne lui fait pas plaisir dans ce retour au bercail. À commencer par le débat public, qu’elle juge « inutile et stérile », sur la charte de la laïcité, qui a des échos encore aujourd’hui avec la récente course à la direction du Parti québécois. « Ce qui était inquiétant avec le projet de charte, c’était d’aller aussi loin que de matérialiser ces idées dans une loi, dit-elle. Même s’il n’y a rien qui m’inquiète vraiment aujourd’hui, il semble qu’on n’arrive pas à tourner la page. Je ne suis même pas convaincue de la sincérité de ceux qui soulèvent ces questions, à mon avis ils le font à des fins électorales. »

Ce qui était inquiétant avec le projet de charte, c’était d’aller aussi loin que de matérialiser ces idées dans une loi. Même s’il n’y a rien qui m’inquiète vraiment aujourd’hui, il semble qu'on n'arrive pas à tourner la page.

 

D’ordinaire critique, Louise Arbour le sera peu avec le bilan de la première année du gouvernement Trudeau en matière de politique étrangère, qui veut renouer avec les opérations de paix des Nations unies. Cela se comprend : elle fait partie d’un petit groupe de personnes qui ont accepté d’être au comité consultatif du ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan. « Il n’y aura pas de révolution, mais on verra sans doute le Canada se repositionner et lancer un signal fort de réengagement dans les opérations de paix. […] De ce côté-là, pour moi, ça va dans la bonne direction », a dit celle qui a accompagné le ministre dans des missions sur le terrain, notamment en Afrique.

Un creux de vague

Louise Arbour n’est pas non plus tendre envers l’Occident qui n’arrive pas à soulager le Moyen-Orient, en particulier et surtout la Syrie, de la guerre qui l’accable. « J’espère qu’on est dans un creux de vague. On ne se couvre pas de gloire », laisse-t-elle tomber. Selon cette ancienne juge à la Cour suprême — lauréate d’une soixantaine de doctorats honorifiques et distinctions, dont le prestigieux prix Tang en 2016 —, les pays occidentaux, qui sont en position de leadership, avec une bonne compréhension des dossiers et des moyens financiers, ne donnent pas les résultats. « C’est assez désolant. »

Mais elle convient, l’ayant elle-même constaté durant son séjour à la tête du Tribunal pénal international de La Haye pour juger les crimes de guerre au Rwanda et en ex-Yougoslavie, qu’il faut du temps pour « livrer le produit ». « On pensait à l’époque qu’on était en train d’ouvrir un chapitre révolutionnaire, mais quand on regarde ce qui s’est fait aujourd’hui, on voit que ça prend plus que 20 ans avant de voir des changements de culture, des changements législatifs et de pouvoir. » Louise Arbour croit, d’abord et avant tout, en la société civile. C’est cette dernière qui fera tourner le vent et empêchera Donald Trump d’accéder à la présidence des États-Unis.

Hillary Clinton est une personnalité qui a fait ses preuves sur le plan professionnel. Mais au moment de la voir trôner dans les plus hautes sphères, on continue de véhiculer à son égard des stéréotypes.

« Je pense que ça ne sert à rien d’élaborer des scénarios d’apocalypse. Il y a de bonnes chances que ça n’aille pas jusque-là », poursuit-elle, évoquant l’accession au pouvoir de M. Trump. Malgré tout, elle reconnaît que beaucoup de dommages ont été faits, les idées d’exclusion et le mépris de la différence ont circulé. « Il faut se consoler en se disant que si un leadership d’une telle médiocrité se réalisait, on pourrait compter sur la Cour suprême, les médias et la société civile pour empêcher qu’il y ait une débandade. »

Femme et Superbes

Évidemment, elle espère ardemment voir Hillary Clinton prendre le pouvoir. Et sans aucun doute, cette politicienne américaine ne méritait pas le traitement que lui réserve une bonne part de l’opinion publique. « Hillary Clinton est une personnalité qui a fait ses preuves sur le plan professionnel. Mais au moment de la voir trôner dans les plus hautes sphères, on continue de véhiculer à son égard des stéréotypes. Elle a une pneumonie et on se demande si elle a la capacité d’occuper ce poste », s’indigne Mme Arbour.

Celle qui célébrera bientôt ses 70 printemps fait partie des personnalités interrogées dans Les Superbes, un livre récemment publié par Léa Clermont-Dion et Marie-Hélène Poitras, qui porte sur la relation qu’ont certains avec le succès des femmes. Elle s’y fait très critique, déplorant qu’on en revienne toujours à la sexualité et à l’apparence lorsqu’il s’agit des femmes en politique. « Ça impose un fardeau additionnel à ces femmes qui doivent gérer tous ces messages qui passent par la façon dont elles sont habillées ou coiffées, dénonce-t-elle. Tout ça est commenté comme si c’était un critère pour évaluer la compétence. Est-ce qu’on réserve le même traitement à Trump ? À part pour ses cheveux, mais c’est de bonne guerre. Et même s’il était chauve, on n’en ferait pas tout un plat. »

   

Symbolisme actuel

Louise Arbour estime pour sa part qu’elle a eu la chance d’avoir des « occasions» parce qu’elle était une femme au bon moment et au bon endroit. « Il faut le reconnaître. Mais il ne faut pas penser que toutes les femmes ont eu cette chance, reconnaît-elle. Pendant ma carrière, il y a eu des moments où j’ai été consciente de cette attitude méprisante et paternaliste de certains de mes collègues. Mais ça n’a jamais surpassé l’impact positif qu’a eu pour moi le fait d’être une femme. » Optimiste, elle rappelle que des femmes inspirantes comme la chancelière d’Allemagne, Angela Merkel, ou encore les deux premières ministres de l’Écosse et du Royaume-Uni, occupent des hauts postes de dirigeantes. « Mais il faudra une masse critique [de femmes au pouvoir]. Beaucoup plus que le symbolisme actuel. »

Bref, il y a fort à faire pour renverser cette tendance, mais cette fois, Louise Arbour ne fera pas partie des femmes qui occuperont de hautes fonctions. Le poste de présidente qu’elle a occupé pour l’International Crisis Group, aura été son dernier grand tour de piste comme gestionnaire. Elle est revenue au Québec depuis deux ans et s’est promis de ne pas occuper de si grandes fonctions… pour les cinq prochaines années. « On ne sait jamais ce qu’il y a à l’autre bout du fil. Je suis ouverte, mais pour l’instant, il faudrait que ce soit une grosse charge importante pour me faire sortir de ses pantoufles. »

42 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 18 octobre 2016 04 h 30

    Bref !

    « Mais tout ne lui fait pas plaisir dans ce retour au bercail. À commencer par le débat public, qu’elle juge « inutile et stérile », sur la charte de la laïcité » (Lisa-Marie Gervais, Le Devoir) ; « Ce qui était inquiétant avec le projet de charte, c’était d’aller aussi loin que de matérialiser ces idées dans une loi » (Louise Arbour)

    De ces citations, cette douceur :

    Qu’on soit d’accord ou pas, les débats publics, au Québec, font partis du monde de la démocratie qui, avec courtoisie citoyenne, constitue une des manières d’étaler et d’exprimer ce dont on vit ou espère assumer autrement-ailleurs !

    Dans certains pays, où le débat demeure « absent », débattre sur des questions difficiles, ou aléatoires (droits des femmes, droit à la laïcité… .), peut s’avérer dangereux et mortel !

    Bref ! - 18 oct 2016 -

    • Jacques Lamarche - Inscrit 18 octobre 2016 10 h 29

      Même sur les dossiers les plus chauds, le débat social est possible ici! Il faut applaudir et s'en féliciter!

      La grande dame fait parie d'un establishment juridique et politique; elle vend les valeurs de son pays! Rien de surprenant, mais tout de même décevant de la part d'une juriste qui ne défend pas le droit et le devoir d'irradiquer le religieux du politique! Madame Arbour, il ne manque pas dans nos démocraties les principes de justice sociale matérialisés dans des lois! Alors!!!

      Malheureusement, la question est si explosive qu'elle en est venue à servir d'outil politique pour les deux camps!!!

    • Robert Beauchamp - Abonné 18 octobre 2016 12 h 19

      M. Lamarche! Establishment juridique en effet. Mais comment expliquer le silence de madame concernant la gestion du programme «pétrole contre nourriture» lors de l'intervention militaire en Irak? Comment a-t-elle pu garder le silence dans la gestion scandaleuse de ce programme lorsqu'elle était en position d'intervenir à l'ONU? De retour «à la maison» comme elle dit, elle se sent chez elle avec la grande famille libérale. Tenter d'étouffer ou de diminnuer l'importance des débats est pourtant anti-démocratique.
      Madame, votre intervention partisane à peine voilée est plus que déplacée.

  • Michel Lebel - Abonné 18 octobre 2016 05 h 02

    Diversion!

    "Un débat inutile et stérile", celui de la laïcité, dixit Louise Arbour. Je crois bien qu'elle ait raison. La question est devenue principalement une affaire de diversion politico-médiatique.

    M.L.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 18 octobre 2016 08 h 00

      En démocratie, le débat est l'une des principales formes d'expression pour faire jaillir la lumière des ténèbres.

      Avec la feuille de route que Mme Arbour possède, il est surprenant qu'elle exprime une telle opinion.

      La laïcité versus la religiosité, il me semble, au contraire, que c'est l'un des débats de société les plus actuels et qu'on essaye d'éviter, même si ça fait des milliers d'années de guerres, de persécutions, de croisades que l'être humain vit à cause de cet opium du peuple qu'est la religion, comme elle est aussi un instrument de manipulation pour prendre le pouvoir.

      L' être humain, tranquillement souvent péniblement, poursuit sa quête vers la dignité et la responsabilité pleine de ses actes. Je crois que le débat sur la laïcité fait partie de cette quête.

    • Serge Morin - Inscrit 18 octobre 2016 09 h 11

      Permettez moi d ' être en désaccord avec notre dissident.

    • Jean Richard - Abonné 18 octobre 2016 09 h 39

      « Je ne suis même pas convaincue de la sincérité de ceux qui soulèvent ces questions, à mon avis ils le font à des fins électorales. »

      Mme Arbour ne remet en question ni la démocratie, ni la pertinence d'avoir des débats publics. Elle parle d'un cas, celui du débat sur la très contestée charte du PQ, un exercice qu'elle juge électoraliste et elle n'a pas tort.

      Chassez la religion et elle revient au galop : on a fait de la laïcité une religion (un peu comme avec l'environnement). Le hic avec les religions, c'est qu'elles se sont affranchies de la spiritualité et se sont moralisées. La morale des religions s'inventait des dieux et des démons. La laïcité s'est aussi inventé des démons, et à défaut de guerres sur son territoire, elle s'est contentée de vagues accessoires – comme des pièces de vêtement. Et finalement, c'est un débat sans matière à débattre qu'on nous a servi. C'est un débat où on n'a pas cherché à comprendre mais où on s'est laissé servir des dogmes et des croyances, crois ou meurs. Et d'accord, le débat n'a pas été complètement inutile, mais il a certes été stérile.

    • Marc Lacroix - Abonné 18 octobre 2016 11 h 34

      Je vous appuie M. Marcoux, de toute évidence, le débat de la laïcité soulève les passions et il n'est pas réglé, loin de là, puisque nous en parlons encore et encore; faut-il faire comme si tout était clair et comme si nous connaissions une solution miracle ? Non ! Ce n'est que par rectitude politique et pusillanimité que nous refusons de nous questionner; cessons de faire semblant et discutons-en clairement !

    • André Joyal - Inscrit 18 octobre 2016 14 h 04

      L'éctoralisme est-il soluble avec la démocratie? Proposer une projet de loi appuyé par la majorité des Québécois francophones était-il anti-démocratique?

      M.Valls n'a-t-il pas raison de dire:« Il y a une bataille politique, culturelle qu’il faut mener. Et je pense en effet que les signes religieux sont souvent moins des signes religieux que des revendications politiques ou culturelles »...« Cacher la femme de l’espace public, c’est la négation de la femme et ça, ce n’est plus un problème de religion. C’est un problème de valeurs démocratiques. »

      Mme Arbour se moule bien dans le cadre du multiculturalisme des Trudeau Père et fils.

  • Jean Lapointe - Abonné 18 octobre 2016 06 h 04

    Elle se comporte en partisane libérale.

    «Je ne suis même pas convaincue de la sincérité de ceux qui soulèvent ces questions, à mon avis ils le font à des fins électorales. » (Lisa-Marie Gervais)

    Pour une ancienne juge je trouve qu'elle juge un peu vite les tenants de la laïcité. Il faut dire qu'elle a été absente longtemps. Elle en a sûrement manqué des bouts.

    Il n' y a pas que le Parti québécois qui soit en faveur de la laîcité de l'Etat.

    Elle se comporte en partisane libérale.

    Affirmer que le débat sur la laïcité est «inutile et stérile» trahit son ignorance de la question.

    • Richard Génois Chalifoux - Inscrit 18 octobre 2016 10 h 07

      Ce n’est pas de l’ignorance au contraire, c’est de l’impertinence et de l'arogance libéralo-fédéraliste.

    • Robert Beauchamp - Abonné 18 octobre 2016 11 h 17

      D'accord avec vous. J'ajoute que si elle veut intervenir dans un débat politique, qu'elle ait au moins le courage d'y entrer de plein pied et qu'elle fasse de la politique alors.

    • Pierre Bernier - Abonné 18 octobre 2016 11 h 36

      Effectivement, il semble y avoir un petit quelque chose de raté dans les tours du monde réalisés.

      Comme si la confusion des genres (État et religion) n’affectait pas la conduite des composantes d’une société.

      Il est opportun que cette personnalité puisse maintenant disposer de temps pour réfléchir.

      Notamment, au « pourquoi » des dérives répétées dans certaines contrés ... et non qu’à leur substance factuelle dans le but de les avérer.

  • Eric Lessard - Abonné 18 octobre 2016 07 h 08

    La place de la religion dans la société

    Ce n'est pas mauvais de s'intéroger sur la place de la religion dans la société. On n'a qu'à penser aux menaces de certains évêques dans l'Ouest du Canada de priver de funérailles les personnes qui auraient recours au suicide assisté, qui n'est permis que dans certains cas bien précis.

    Par contre, j'ai été très choqué par la campagne sur la charte des valeurs. En particulier cette affiche avec des logos qui indiquent les symboles religieux qui seraient interdits pour un employé de l'état.

    Cette campagne tournait plutôt autour d'une identité québécoise où les immigrants étaient invités à ressembler le plus possible aux Québécois de souche.

    D'un côté certains régimes "laiques" ont été épouventables, pensons à l'URSS. D'un autre côté, on ne peut nier l'extrêmisme religieux qui a cours dans le monde et qui mène parfois jusqu'au terrorisme sans parler de tout un lot de violences et d'intolérances.

    Je crois que l'idéal comme modèle, serait le modèle scandinave où il y a une harmonie entre la religion principale (église luthérienne de Suède, du Danamark et de Norvège) avec le reste de la population. C'est une société qui ne renie pas son passé, qui ne l'oublie pas, qui ne l'efface pas, mais qui s'adapte aux valeurs contemporaines.

    D'un côté au Québec il y a une méfiance de la religion à cause des excès du passé, il y a aussi des gens qui ne veulent pas voir un policier avec un turban, mais il y a d'autres questions comme jusqu'où doit aller la tolérance avec certaines tenues comme la burqua ou le niquab qui cachent jusqu'au visage de la personne.

    La Canada a tendence à être d'une extrême tolérance, il y aurait même des enseignantes du secondaire en burqua ou en niqab. En ce qui concerne ce dernier point, la société québécoise est en droit de se demander si elle doit aller aussi loin dans les droits religieux.

    • Pierre R. Gascon - Inscrit 18 octobre 2016 08 h 15

      La laïcité ne peut se développer sainement sans affirmer le respect réciproque entre politique et religions en évitant la tentation constante du mélange ou de l’opposition.

      Et, à mon point de vue, l’État doit permettre à chacun de pratiquer et de vivre sa liberté de conscience, sa liberté religieuse, et, s’il y a interdiction, elle doit être justifiée par une raison de respect de l’ordre publique et non pas une motivation antireligieuse.

      Toutefois, il y a ceux et celles qui font partie d’un courant militant qui souhaite étendre la référence de l’espace publique à la laïcité, non seulement à l’État mais à la société entière, réduisant ainsi l’expression publique et sociale des religions. Il s’agit d’une forme de laïcisme qui veut enfermer le religieux dans le domaine du privé et de l’intime et lui interdire toute forme d’expression dans l’espace public.

      Personnellement, j'ambition vivre ensemble dans une société, non pas où on bâillonne les religions, mais une société qui permet à celles-ci d’enrichir la vie sociale elle-même.

      Dans une société pluralisme, tout élu qui ne croit ni en Dieu, ni au diable, ne peut refuser ni ignorer les religions.

    • Denis Gaumond - Abonné 18 octobre 2016 10 h 07

      Ce qui m'embête dans la réaction de M. Gascon, c'est qu'il attribut aux religions une sorte de droit "d'ainesse" inconditionnel ! Et cest justement cela qui vient diminuer la valeur de la démocratie. Pour moi, toute religion qui infériorise les femmes/filles et fillettes doit être balancer, corriger même par le pouvoir et le devoir civile, laïque. Je suis athée et ne crois ni en dieu ni en diable au sens religieux des termes. Mais je vois bien qu'ils existent, ayant été créé et nourir par les mâles et à leur service. Mais j'ai le droit de refuser que certaines religions viennent ainsi contrecarrer la lutte des femmes pour l'égalité sur terre. Surtout en utilisant de faux prétextes que l'on cache sous les voiles et autre argusis de la FOI, afin de faire dévier le début loin de son fondement. Par contre, il m'est imppossible d'ignorer les religions et les religieux. Encore, il y a quelques jours, une jeune mère de 26 ans serait décédé pur des raisons de FOI !

    • Sylvain Auclair - Abonné 18 octobre 2016 13 h 08

      L'URSS n'a jamais été laïque; c'était un État officiellement athée. C'est très différent.

  • Raynald Rouette - Abonné 18 octobre 2016 07 h 15

    «Définition du mot «Laïcité»


    «Principe de séparation de la société civile et de la société religieuse»

    C'est pourtant claire! Depuis les années soixante, nous avons au Québec, fait ce choix. Il n'est pas acceptable que la loi sur le Multiculturalisme de 1982, nous fasse régresser à l'époque du partage des pouvoirs sur la population entre l'église catholique et le politique. Le texte du «Refus Global» 1949, de Borduas et de son groupe est encore pertinent et d'actualité! Les motifs sont les mêmes pour s'opposer à un retour à cette époque. Ce même sous le couvert d'une cause humanitaire.

    Madame Arbour n'est pas sans savoir, que le terrorisme en Europe en (occident), au Moyen-Orient et en afrique est une question d'Argent et de Religion, donc de Politique. C'est le projet «utopique» de mondialisation qui est en train de mettre la planète à feux et à sang.

    Le Québec est historiquement une terre de paix, nous n'avons jamais été l'agrsseur au contraire.

    Nous demandons aux politiciens, de ne pas jouer le rôle de belle-mère, il est très surprenant qu'une ancienne juge de la court suprême du Canada puisse se le permettre.

    • Alexis Richard - Abonné 18 octobre 2016 09 h 50

      La laïcité, en histoire et en philosophie politique, est la séparation de l'église et de l'État. Cela peut prendre différents sens, mais pas celui que vous proposez : car cette séparation implique de confiner la religion à la société civile, justement.

      Ce qui est clair, c'est le caractère collectif de la religion - comme le sous-entend son étymologie (ce qui relie), c'est une affaire de lien entre des gens. À moins d'interdire la religion tout simplement, expulser la "société religieuse" de la "société civile" n'a pas de sens.

      Et il est sain, normal et souhaitable de commenter la chose publique en démocratie. Rien à voir avec le phénomène des "belles-mères"... Au Québec, cette expression désigne un ancien chef de parti politique émettant des réserves à l'égard de la direction prise par son parti depuis sont départ. Elle ne désigne pas le simple exercice de la parole publique.