États-Unis - Bush veut interdire les mariages gais en amendant la Constitution

Washington — Le président américain, George W. Bush, s'est prononcé hier en faveur d'un amendement constitutionnel pour interdire le mariage homosexuel, intervenant dans un débat qui divise les États-Unis à huit mois de l'élection présidentielle.

«Notre pays doit adopter un amendement constitutionnel pour défendre le mariage», a déclaré M. Bush lors d'une brève allocution à la Maison-Blanche. Il a demandé en conséquence au Congrès de voter cet amendement puis de le transmettre ensuite aux États américains qui devront eux-même l'adopter.

Pour justifier sa prise de position, le président américain a dénoncé les initiatives de «quelques juges militants et des responsables locaux [...] pour tenter de redéfinir le mariage». «Ces initiatives ont introduit la confusion sur une question qui demande de la clarté. Sur un sujet d'une telle importance, la voix populaire doit être entendue», a-t-il affirmé.

La décision du maire de San Francisco d'autoriser le mariage homosexuel a permis à plus de 6500 homosexuels de se marier dans cette ville californienne depuis le 12 février. La Cour suprême du Massachusetts avait également estimé l'année dernière que le mariage homosexuel devait être légalisé.

Intense débat

Ces initiatives ont suscité un intense débat aux États-Unis, à huit mois de l'élection présidentielle du 2 novembre, à laquelle le républicain George W. Bush se représente pour un second mandat.

Mais un éventuel amendement ne sera certainement pas adopté d'ici là. Les modifications à la Constitution américaine doivent être approuvées à la majorité des deux tiers par la Chambre des représentants et le Sénat, puis ratifiées par les trois quarts des États américains, dans un délai fixé par le Congrès (généralement de sept ans).

Un autre moyen est que les États se prononcent à la majorité des deux tiers pour une convention nationale et ratifient ensuite l'amendement à la majorité des trois quarts, mais cette procédure n'a jamais été utilisée dans l'histoire des États-Unis.

«Un amendement à la Constitution est une procédure qui ne doit jamais être considérée à la légère. Ce processus a déjà servi pour répondre à des questions d'intérêt national, et la protection du mariage est un sujet qui a atteint ce niveau d'importance nationale», a estimé M. Bush hier.

Pression

Le président, un républicain, était soumis à une forte pression des mouvements politiques conservateurs et des organisations chrétiennes de droite, qui constituent sa base électorale, pour prendre position en faveur d'un tel amendement. Il a toutefois souligné hier que «l'union d'un homme et d'une femme est l'institution humaine la plus solide, honorée et encouragée dans toutes les cultures et dans toutes les fois religieuses».

Selon les sondages, 60 % des Américains sont hostiles au mariage homosexuel. Le président Bush a également rappelé hier que le Congrès avait passé à une forte majorité il y a huit ans, sous la présidence de son prédécesseur démocrate Bill Clinton, une loi pour protéger l'institution du mariage.