Donald Rumsfeld débarque en Irak

Bagdad — Le secrétaire à la Défense Ronald Rumsfeld s'est déclaré optimiste sur la situation sécuritaire du pays hier à son arrivée en Irak, au moment où un nouvel attentat suicide faisait treize morts et 51 blessés.

«À chacun de mes nombreux voyages en Irak, mon impression est que je constate à chaque fois des améliorations. Chaque semaine, le nombre d'Irakiens participant aux forces de sécurité augmente», a dit Ronald Rumsfeld dans une interview à la télévision irakienne.

«En juin et juillet derniers, il n'existait pas de forces de sécurité irakiennes. Aujourd'hui, en février 2004, il y a plus de 210 000 Irakiens servant dans les forces de sécurité. C'est un bilan fantastique», a-t-il ajouté.

Rumsfeld, qui effectue sa quatrième visite en Irak depuis la fin de la guerre, est arrivé à Bagdad venant du Koweït à bord d'un C-130 qui a effectué une descente rapide afin d'empêcher toute attaque au missile.

Quelques heures avant sa rencontre avec les responsables militaires américains, un attentat suicide a coûté la vie à 13 policiers irakiens à Kirkouk et montré les problèmes rencontrés par les forces de sécurité irakiennes.

L'attaque a été perpétrée à l'aide d'une voiture piégée dans un secteur kurde de la ville, située à 250 km de la capitale. «Il nous a pris par surprise. Nous n'avons même pas été capables de tirer une seule balle sur lui», a dit le lieutenant de police Salam Zangana.

Le responsable américain des activités pétrolières, Rob McKee, a reconnu hier que les multiples attentats commis contre les oléoducs et autres installations pétrolières empêchaient toujours, près d'un an après la chute de Saddam Hussein, de reprendre les exportations d'or noir à partir des champs pétrolifères de la région de Kirkouk.

Élections

À moins de six mois de la date prévue pour le transfert du pouvoir en Irak, le 30 juin prochain, l'émissaire de l'ONU Lakhdar Brahimi a écarté hier l'option privilégiée par les Américains pour constituer un gouvernement provisoire irakien. Pour l'émissaire de l'ONU, l'organisation d'élections en vue de la constitution d'un nouveau gouvernement irakien serait possible d'ici à la fin 2004 à condition que les préparatifs de ce scrutin commencent dès à présent. Ce week-end, Paul Bremer avait, lui, exclu la tenue d'élections avant «un an à 15 mois».