Nouvel attentat suicide à Jérusalem

Jérusalem — Un attentat suicide commis hier dans un autobus de Jérusalem a fait huit morts en plus du kamikaze, à la veille des premières audiences devant la Cour de Justice internationale sur la légalité de la «clôture de sécurité» censée protéger Israël de ce type d'attaque.

L'Autorité palestinienne a aussitôt condamné cet acte revendiqué par les Brigades des martyrs d'al-Aqsa proches du Fatah, tandis que des responsables israéliens affirmaient que l'attentat justifiait la «clôture» érigée en Cisjordanie.

Les dirigeants israéliens devaient se réunir hier soir pour étudier une riposte, dit-on de source politique. Une soixantaine de personnes ont été blessées.

La déflagration s'est produite sur la ligne 14, à proximité de l'hôtel Inbal, situé rue Jabotinsky, où se déroulait une réunion en présence de représentants des principales organisations juives américaines.

Mickey Levy, chef de la police de Jérusalem, a expliqué que le kamikaze avait actionné son dispositif au plein milieu du véhicule bondé à l'heure de pointe. Le dimanche est le premier jour ouvré de la semaine en Israël. Selon les forces de l'ordre, l'engin était bourré d'éclats de métal pour en accroître le pouvoir dévastateur.

Le dernier attentat suicide, également commis dans un autobus de Jérusalem, remontait au 29 janvier. Il s'était soldé par la mort de onze personnes.

Dans leur communiqué de revendication, les Brigades des martyrs d'Al Aqsa, qui ont par la suite nié toute implication, précisent avoir agi en représailles à la mort de 15 Palestiniens, tués le 11 février dans la bande de Gaza, et pour protester contre la construction de la «clôture de sécurité» qu'elles qualifient de «mur nazi».

Condamnation d'Arafat

Les services de Yasser Arafat ont condamné une opération dont la date n'a, selon eux, pas été choisie au hasard. L'attentat vise à saper les efforts diplomatiques mis en oeuvre pour combattre cette barrière, soulignent-ils, promettant des représailles contre les «activistes irresponsables».

«Nos intérêts nationaux supérieurs exigent un arrêt immédiat des actes de ce genre qui fournissent à Israël le prétexte de poursuivre l'extension du mur et l'annexion», avait auparavant déclaré le premier ministre palestinien, Ahmed Koreï.

La construction du mur, dont la légalité sera évoquée à La Haye, a été entamée pour empêcher l'infiltration de kamikazes, affirment les autorités israéliennes.

Saisie par l'Assemblée générale des Nations unies, la CIJ rendra un avis non contraignant. Israël a décidé de ne pas participer à ces audiences.

Un porte-parole de la Maison-Blanche a salué les déclarations de l'Autorité palestinienne sur l'attentat tout en ajoutant qu'il était temps d'aller au delà des mots et de «prendre des mesures pour démanteler ces réseaux terroristes».