«Bombe sale» - Le cas Padilla devant la Cour suprême

Washington — La légalité de la détention aux États-Unis sur ordre du président George W. Bush d'un «ennemi combattant» arrêté sur le sol américain, sans accès à un avocat et sans jugement, va être prochainement examinée par la Cour suprême, a annoncé un greffier hier.

La haute cour a décidé hier de se saisir de ce dossier qui concerne en particulier José Padilla, un terroriste présumé détenu depuis une vingtaine de mois sans inculpation dans une prison militaire américaine.

Des associations de protection des libertés individuelles contestent au président Bush et à son administration l'autorité d'imposer le statut de «combattant ennemi» à des personnes détenues dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme» lancée par Washington après les attentats du 11 septembre 2001, affirmant qu'il est anticonstitutionnel.

Le président Bush oppose la nécessité d'assurer la sécurité de l'État en mettant sous les verrous des personnes considérées comme une menace terroriste pour les États-Unis.

À la mi-janvier, la Maison-Blanche avait demandé à la Cour suprême de revenir sur la décision d'un juge fédéral de libérer José Padilla, alias Abdullah al-Mujahir, un citoyen américain de 33 ans, accusé par les autorités de son pays d'avoir voulu faire exploser une bombe radiologique («bombe sale») aux États-Unis.