Annan écarte des élections en Irak en juin

New York — Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a exclu hier la tenue d'élections générales en Irak avant le 30 juin, une décision plutôt favorablement accueillie par la communauté chiite majoritaire.

Devant la presse au siège de l'ONU à New York, M. Annan a évoqué un consensus émergeant autour du fait «que les élections ne peuvent se tenir avant la fin juin et que la date du 30 juin pour le transfert de souveraineté doit être respectée». «Nous devons trouver un mécanisme pour créer un gouvernement intérimaire et contribuer à préparer les élections pour plus tard», a-t-il ajouté aux côtés de son émissaire, l'Algérien Lakhdar Brahimi, tout juste rentré d'une semaine de mission exploratoire en Irak. Les deux hommes venaient de communiquer leur position aux représentants «des pays amis» de l'Irak, 46 délégations allant des voisins de cet État aux membres du Conseil de sécurité.

M. Annan leur a mentionné la nécessité d'élections nationales directes. «En même temps, il y a un large accord sur le fait que les élections ne peuvent se tenir avec succès si elles ne sont pas préparées dans des conditions techniques, politiques et de sécurité optimales», a-t-il expliqué.

Le détail des recommandations, notamment sur le mode de transfert et le type de gouvernement transitoire que l'Irak pourrait installer avant les élections, n'a en revanche pas été communiqué et ne devrait pas être connu avant la semaine prochaine, au retour d'un déplacement de M. Annan à Tokyo.

Les chiites, menés par l'ayatollah Ali Sistani et qui réclamaient des élections au plus vite, ont adopté un ton conciliant après la déclaration du secrétaire général.

Le porte-parole du chef du parti islamiste Dawa, Ibrahim al-Jaafari, a reconnu que le délai était court pour la tenue d'élections générales avant le 30 juin mais estimé qu'elles devaient avoir lieu «avant la fin octobre et avant la présidentielle américaine» de novembre. «Nous ne sommes pas vraiment surpris», a indiqué Haytham al-Husseini, responsable au Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII).

La position de M. Annan sur les élections soulage dans l'immédiat les États-Unis. Washington, qui a prévu de transmettre le 30 juin le pouvoir à un gouvernement irakien non élu, voyait son plan fortement contesté par la hiérarchie chiite, qui réclamait des élections préalables.