Coup d’arrêt aux interdictions du burkini

Une femme portant un burkini se baigne en Tunisie.
Photo: Fethi Belaid Agence France-Presse Une femme portant un burkini se baigne en Tunisie.

Paris — La plus haute juridiction administrative française a suspendu vendredi un arrêté municipal anti-burkini, avertissant les maires ayant pris une décision similaire que toute interdiction de ces tenues de bain islamiques couvrantes devait s’appuyer sur des « risques avérés » pour l’ordre public.

Cette décision du Conseil d’État concernant une station balnéaire de la Côte d'Azur, Villeneuve-Loubet, qui fera autorité pour toute la France, a été saluée comme une « victoire du droit » et « de la sagesse » par les représentants du culte musulman.

Le débat autour du bannissement de cette tenue de bain couvrante portée par certaines musulmanes avait suscité d’intenses polémiques en France et à l’étranger.



Le Conseil d’État rappelle à tous les maires qui ont invoqué le principe de laïcité qu’ils ne peuvent se fonder sur « d’autres considérations » que l’ordre public, « le bon accès au rivage, la sécurité de la baignade ainsi que l’hygiène et la décence » pour interdire l’accès aux plages.

« Cette décision de bon sens va permettre de décrisper la situation, qui était marquée par une tension très forte parmi nos compatriotes musulmans, notamment chez les femmes », a réagi auprès de l’AFP le secrétaire général du Conseil français du culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri, au sein duquel il préside l’Observatoire national contre l’islamophobie.

Cette décision « aura vocation à faire jurisprudence », s’est félicité Me Patrice Spinosi, avocat de la Ligue des droits de l’homme, qui avait saisi la plus haute juridiction administrative. « Oui, il y a une atteinte disproportionnée à la liberté des religions et le maire n’avait pas le pouvoir de restreindre cette liberté », a-t-il ajouté.

Lisez la décision complète ci-dessous :

 

16 commentaires
  • André Chevalier - Abonné 26 août 2016 09 h 48

    Une bonne décision

    Ces règles étaient non-productives.
    On ne doit pas empêcher les gens de porter des accoutrements ridicules.

    Contentons-nous d'en rire.
    Castigat ridendo mores. (On corrige les moeurs en riant)

    • Cécile Comeau - Abonnée 26 août 2016 14 h 58

      Malheureusement, le rire ne fonctionne pas pour changer les mœurs des islamistes et des intégristes. Essayez pour voir. Allez donc rire des mœurs des Saoudiens en Arabie, des chiites en Iran ou même de ceux d'ici et vous allez vite constater que votre rire n’a rien de productif pour changer leurs mœurs rétrogrades et dégradantes. Votre commentaire est très mal à propos. Il n'y a vraiment pas de quoi rire, non plus, de cette décision. Elle est une insulte pour la très grande majorité des femmes de France, monsieur le rieur productif.

    • Marc Therrien - Abonné 26 août 2016 21 h 35

      Peut-être commencer par corriger nos propres moeurs en riant. Pour calmer cette anxiété anticipatoire et cette dramatisation. Si elles (avec ils) voulaient provoquer, l'objectif est atteint. Si on pouvait répondre à leurs provocations par le vide et l'indifférence, peut-être pourrions-nous les désarmer un peu et leur enlever du pouvoir de nous pertrurber.

      Marc Therrien

  • Gilles Théberge - Abonné 26 août 2016 11 h 00

    Donc si c'est une atteinte à la liberté de religion, c'est que c'est donc un vêtement islamique!

    C'est tout à fait ce que dit Djemila Ben Abib. Avec l'avertissement conséquent que ce n'est qu'une étape vers l'établissement de la charia. Une étape seulement...

    Oh boy, il y aura toujours un "Julius Grey" quelque part, pour enfourcher le cheval de l'islam.

    Islamistes de tous les pays, patience, vous allez triompher!

    • Louise Collette - Abonnée 26 août 2016 13 h 04

      Personne n'écoute Madame Benhabib pourtant....
      Il faudrait écouter les femmes qui viennent de pays musulmans, ce serait sage.
      Personne n'a écouté Madame Houda-Pépin non plus....

    • Claude Bernard - Abonné 26 août 2016 18 h 04

      Le Conseil d'État est la Cour Suprême de France.
      Oubliez Julius Grey et les idiots utiles.
      La raison et la loi ont ont triomphé.

    • Marc Therrien - Abonné 26 août 2016 21 h 57

      A Madame Collette.

      En ce qui me concerne, j'ai déjà écouté attentivement Djemila Benhabib. Arriva un moment où il m'a semblé, qu'au même titre qu'une autorité religieuse, elle utilisait la performativité comme possibilité du langage pour créer une réalité vraie par le simple fait de l'énoncer. Ainsi, est vrai ce qu'elle croit et ainsi, elle croit en ce qu'elle dit et nous invite donc à la croire parce que c'est elle qui nous le dit. Dans ce genre de jeux de langage, il peut être amusant de jouer le rôle du sceptique qui soulève un doute, mais à condition que notre interlocuteur soit capable d'un peu de recul et d'humour, sinon, il pourrait interpréter notre doute comme de la provocation.

      Marc Therrien

  • François Beaulé - Abonné 26 août 2016 11 h 31

    La France retrouve son honneur

    Le Conseil d'État permet au vent de la liberté de souffler à nouveau sur les plages françaises.

    • Serge Morin - Inscrit 26 août 2016 16 h 58

      Esperons que vous avez atteint le deuxième degré de l'ironie.

  • Martin Richard Mouvement Action Chômage Montréal - Abonné 26 août 2016 12 h 21

    Le Conseil d'État n'est pas encore contaminé par le Front National. Pour le reste, le travail de Maurice Papon semble encore imprégné nombres de citoyens et de dirigeants Français. Honte à eux.

  • Michel Lebel - Abonné 26 août 2016 13 h 15

    Une décision politique

    Voilà une décision bien politique. Sans doute était-ce la meilleure? Car comment appliquer une interdiction du burkini sans tomber dans la rigolade et le ridicule. Encore que je vois dans le port de ce vêtement un geste provocateur, tenant compte du contexte français actuel. La question musulmane continuera de faire lourdement partie du débat politique en France. Qu'arrivera-t-il s'il y a un autre attentat?

    M.L.

    • Claude Bernard - Abonné 26 août 2016 20 h 20

      Le conseil d'État doit protéger la Constitution, où voyez-vous un jugement politique dans ce qui n'est que raison et bon sens.
      Pour décider s'il s'agit «d'un geste provocateur» il faudrait pouvoir lire dans la pensée des gens ce qui n'est, dieu merci, pas encore possible.
      Comment estimez-vous prouver qu'un geste est «provocateur» et en plus au point d'en faire une question de sécurité.
      Quel lien faites-vous entre burkini et attentat?