Plan de retrait de la bande de Gaza - Les émissaires américains arrivent en Israël

Jérusalem — Un proche collaborateur du premier ministre israélien Ariel Sharon a informé hier trois émissaires américains de ses projets de démantèlement de colonies de la bande de Gaza dans le cadre d'un «plan de séparation» d'avec les Palestiniens.

Le chef de cabinet de M. Sharon, Dov Weisglass, a reçu à Jérusalem le secrétaire d'État adjoint chargé du Proche-Orient, William Burns, le «numéro deux» du Conseil pour la sécurité nationale, Stephen Hadley, et le responsable du dossier Proche-Orient au sein de ce conseil, Elliott Abrams.

Les trois émissaires devaient voir aujourd'hui le premier ministre israélien puis le ministre palestinien des Finances, Salam Fayad, avant de repartir à destination de Washington, selon une source diplomatique américaine.

M. Sharon doit leur présenter son projet «dans ses grandes lignes», a-t-on appris auprès de la présidence du conseil. Ce projet de démantèlement de 17 colonies de Gaza puis de colonies isolées de Cisjordanie «ne devrait pas commencer à être mis en application avant six mois», selon cette source.

Lors d'une rencontre préliminaire mardi de hauts responsables sécuritaires israéliens, le ministre de la Défense, Shaoul Mofaz, a propo-

sé qu'Israël garde le contrôle de la frontière entre la bande de Gaza avec l'Égypte après un départ des colons.

M. Mofaz a préconisé le maintien d'une force armée israélienne le long de la frontière, dans le secteur de Rafah, pour empêcher l'entrée d'armes dans la bande de Gaza, notamment par des tunnels.

Mais certains officiers généraux ont estimé qu'il valait mieux qu'Israël se désengage totalement et qu'en cas de retrait la frontière passe sous contrôle palestino-égyptien, selon la presse.

Dans le secteur de Rafah, où les incidents armés sont particulièrement fréquents, l'armée israélienne a détruit des centaines de maisons depuis le déclenchement de l'intifada, en septembre 2000.

M. Mofaz a également demandé qu'Israël continue d'interdire le trafic aérien à partir de l'aéroport international de Gaza, paralysé par l'armée israélienne depuis plus de trois ans. Aucune décision n'a cependant été prise lors de cette réunion.

M. Sharon compte faire une visite à Washington en mars pour tenter d'obtenir le soutien du président George W. Bush à ses projets.

Il a affirmé avoir l'intention de mettre en oeuvre ce projet faute de progrès dans l'application de la «feuille de route», le dernier plan de paix international appuyé par les États-Unis.

Dans son rapport annuel, le mouvement anticolonisation La Paix Maintenant a souligné que les colonies sauvages censées être démantelées en Cisjordanie avaient été au contraire renforcées et transformées en véritables colonies en 2003.

Par ailleurs, 200 rabbins ultranationalistes ont fustigé les projets de démantèlement des colonies de la bande de Gaza et appelé les fidèles à se mobiliser contre eux. Des centaines de colons achevaient hier soir par un rassemblement devant la résidence officielle de M. Sharon, à Jérusalem, une marche de protestation contre le plan du premier ministre entamée il y a quatre jours dans la bande de Gaza.

Enfin, un adolescent palestinien a été grièvement blessé par des tirs de l'armée israélienne près de la colonie de Kfar Darom..