En bref - La page réformiste va être tournée

Téhéran - Les conservateurs iraniens devraient reconquérir demain la majorité au Parlement à l'issue de législatives qui ont d'ores et déjà été taxées d'«inéquitables» par le président Mohammad Khatami après l'invalidation de centaines de candidatures réformistes.

Après une campagne terne, les élections devraient donc sonner le glas de sept années d'une relative ouverture politique dans la République islamique, qui a permis aux Iraniens de profiter d'une plus grande liberté d'expression et d'une levée relative des restrictions sociales et culturelles imposées en Iran depuis la révolution de 1979. Le changement de majorité parlementaire étant presque inéluctable, le président réformateur Khatami devrait se trouver, après les élections, privé de sa capacité, qui était certes limitée, de réformer le pays.

Le Conseil des gardiens, organe conservateur non élu qui joue le rôle de Conseil constitutionnel, a invalidé quelque 2500 candidatures, réformistes pour la plupart, tandis que 888 autres réformateurs ont choisi de boycotter les élections. Les raisons avancées pour justifier les invalidations ont généralement été un manque de loyauté du candidat à l'islam ou à la Constitution.

Si le résultat ne fait aucun doute, le niveau de participation pourrait déterminer la véritable capacité des conservateurs à reprendre en main la politique iranienne.

Chaque jour, sur les ondes de la télévision nationale, le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a exhorté les Iraniens à participer massivement aux élections.