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Poste-clé pour un Montréalais à l’ONU

Marc-André Franche, photographié au Pakistan. Il affirme que sa nomination au siège de l’ONU est une «pause» dans son parcours sur le terrain.
Photo: Programme des Nations Unies pour le développement Marc-André Franche, photographié au Pakistan. Il affirme que sa nomination au siège de l’ONU est une «pause» dans son parcours sur le terrain.

Il a travaillé pour les Nations unies à Haïti, en Amérique latine, au Pakistan. Marc-André Franche est maintenant rappelé à New York, cette fois pour prendre la tête du Fonds pour la consolidation de la paix (PBF) de l’organisation internationale, devenant ainsi l’un des rares Canadiens à accéder à un poste de direction au siège de l’ONU.

Le natif de Montréal, qui est depuis quatre ans directeur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Pakistan, se rapportera désormais directement au sous-secrétaire général à l’appui à la consolidation de la paix, Oscar Fernandez-Taranco. « Le Fonds est l’un des plus récents organes de l’ONU, explique-t-il en entrevue au Devoir, à partir d’Islamabad. C’est aussi le seul organe de l’ONU qui a la tâche d’aborder les situations dans les pays de façon holistique. On travaille en prévention, pendant les conflits et aussi après, pour en réduire les effets. »

Ça a toujours été clair que je me dédierais à la coopération internationale

Créé il y a dix ans, le Fonds qu’il dirigera a bénéficié depuis sa naissance d’un budget d’environ 700 millions de dollars, et a pour mandat de fournir rapidement les ressources financières nécessaires au démarrage d’activités de consolidation de la paix (peacebuilding) jugées urgentes par l’ONU.

« C’est un défi très intéressant. Le Fonds finance beaucoup d’initiatives jugées risquées, ou innovatrices, comme toutes sortes de programmes de réintégration des combattants, dans une douzaine de pays d’Afrique. » C’est également un bailleur de fonds qui n’hésite pas à investir dans des initiatives plus « politiques », afin d’aider la trentaine de pays dans lesquels il est actif à se reconstruire, fait-il valoir.

Doubler le financement

Son premier grand défi ? Mobiliser les pays bailleurs de fonds, le PBF espérant doubler son financement au cours de la prochaine décennie. Une première rencontre doit d’ailleurs être tenue dès le mois de septembre à cet effet.

Marc-André Franche ne cache pas sa volonté de voir le gouvernement canadien investir davantage dans cet important programme. « Au cours des dernières années, le gouvernement canadien a été relativement désengagé de l’ONU en général, du Fonds aussi. » Il dit toutefois observer un net changement de ton depuis l’arrivée au pouvoir des troupes de Justin Trudeau, il y a un peu moins d’un an, « un bon premier pas » pour que le Canada rétablisse son leadership international.

Si certains tombent un peu par accident dans le développement international, on peut dire que Marc-André Franche, lui, a littéralement la coopération dans le sang. Son père a été missionnaire au Pérou avant de sortir des ordres et d’épouser sa mère, qui oeuvrait comme infirmière en Colombie. « Ça a toujours été clair que je me dédierais à la coopération internationale, en grande partie parce que pour mes parents, avoir une vie qui en vaut la peine, cela signifie une vie passée à travailler pour ceux qui sont les moins nantis. »

Il voit d’ailleurs cette nomination au siège de l’ONU comme une « pause » dans son parcours de coopérant sur le terrain, une pause très appréciée d’ailleurs. « Cela fait huit ans que j’étais soit à Haïti, soit ici au Pakistan. Je suis content de revenir pas trop loin de Montréal et de mes parents. C’était le temps aussi, peut-être, de faire une petite pause de pays en crise pour un moment », confie-t-il. Et après ? « J’espère retourner [à l’étranger] : Jérusalem, en Irak, l’Afghanistan… » énumère-t-il.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion, s’est pour sa part réjoui de « la nomination de Marc-André Franche à la tête de cette importante organisation de l’ONU », a indiqué sa porte-parole, Chantal Gagnon.