Dean risque de perdre son directeur de campagne au profit de Kerry

Le camp Dean continue d’encaisser les coups durs.
Photo: Agence Reuters Le camp Dean continue d’encaisser les coups durs.

Les cinq candidats démocrates encore en course multipliaient hier les réunions électorales dans le Wisconsin. Selon un sondage publié par un quotidien local, Howard Dean arriverait deuxième, mais loin derrière John Kerry. «Si Howard Dean ne gagne pas la primaire du Wisconsin, je proposerai mes services à John Kerry», a déclaré son directeur de campagne, Steven Grossman.

Milwaukee — L'ancien gouverneur du Vermont, Howard Dean, longtemps bien placé dans la course à l'investiture démocrate pour affronter le républicain George W. Bush dans l'élection présidentielle en novembre, a encaissé un nouveau coup dur ce week-end, son directeur de campagne ayant annoncé son intention de rejoindre le camp du favori actuel, John Kerry.

«Si Howard Dean ne gagne pas la primaire du Wisconsin, je proposerai mes services à John Kerry», a déclaré à la presse, à Milwaukee (Wisconsin), le directeur de campagne de l'ancien gouverneur du Vermont, Steven Grossman.

Une telle démission pourrait signifier pour Howard Dean la fin de ses rêves de présidentiable, bien qu'il ait affirmé encore dimanche à la chaîne de télévision américaine Fox, qu'il ne comptait pas jeter l'éponge ce soir.

Les cinq candidats démocrates encore en course multipliaient hier les réunions électorales dans le Wisconsin, où se déroulera aujourd'hui une élection primaire importante.

Le sénateur du Massachusetts, John Kerry, qui a remporté 14 des 16 élections primaires et caucus organisés jusqu'ici, devrait selon un dernier sondage ajouter une nouvelle victoire à son palmarès en recueillant environ 45 % des voix démocrates du Wisconsin.

Selon ce sondage publié par le quotidien Milwaukee Journal Sentinel, Howard Dean arriverait deuxième, mais loin derrière John Kerry avec 12 % des voix, tandis que le sénateur John Edwards de Caroline du Nord prendrait la troisième place avec 9 % des voix. Les deux autres candidats, le parlementaire de l'Ohio Dennis Kucinich et le pasteur noir new-yorkais Al Sharpton, sont eux largement hors course.

Dimanche soir, lors d'un débat à Milwaukee, les cinq candidats démocrates ont pour la première fois mis une sourdine à leurs rivalités pour concentrer leurs tirs sur M. Bush, qui brigue un second mandat, en l'accusant d'avoir entraîné l'Amérique dans la guerre en Irak sous des prétextes, et de négliger l'emploi, un argument très porteur dans un État industriel comme le Wisconsin, où le nombre des chômeurs a fortement augmenté.

La tournure de ce débat semblait refléter le sentiment parmi eux, que les jeux sont faits et que le sénateur John Kerry est désormais imbattable pour l'investiture du parti démocrate, avant même les primaires prévues lors du «super-mardi» 2 mars dans dix États, dont les deux plus peuplés du pays, la Californie et New York.

Le même avis prévaut dans le camp républicain où l'on s'inquiète de plus en plus des chances de réélection de George W. Bush le 2 novembre, désormais très vulnérable aux attaques démocrates selon les sondages.

Le président Bush, mis en cause aussi pour d'apparents trous dans ses états de service de réserviste durant la guerre du Vietnam, a décidé avec ses conseillers de passer à l'offensive contre John Kerry plus rapidement que prévu, en s'appuyant notamment sur des spots télévisés électoraux.

Bush a réfuté hier les allégations de Kerry et consorts sur son bilan économique, en affirmant à l'occasion d'un déplacement à Tampa, en Floride, qu'en la matière un «indéniable» vent d'optimisme soufflait sur le pays. «La vérité, c'est que les gens sont plutôt optimistes, dans tout le pays. C'est ce que je suis venu vous dire», a déclaré Bush lors d'une visite dans une usine.