Irak - Un chef du Parti Baas est arrêté

Bagdad — L'un des 55 ex-responsables irakiens les plus recherchés a été arrêté hier par la police à Bagdad, alors que l'exécutif irakien devrait examiner dès aujourd'hui son élargissement dans le cadre d'un transfert des pouvoirs.

L'ancien responsable arrêté, Mohammed Zimam Abdel-Razzak Al-Saadoun, était l'un des chefs du Parti Baas dans le nord de l'Irak. C'est la première fois que la police irakienne capture l'une des personnalités les plus recherchées par la coalition occupant l'Irak.

«Une force spéciale de la police a effectué aujourd'hui [hier] à 14h une opération contre la maison de Mohammed Abdel-Razzak, dans le quartier as-Saidiya [dans le sud de Bagdad] où il habitait avec sa femme et son fils», a déclaré le chef de la police, le général Ahmed Kazem Ibrahim. «Il a été arrêté avec son fils et un groupe de personnes. Son fils a ensuite été relâché», a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

M. Saadoun, qui figurait en 41e position sur la liste des anciens responsables les plus recherchés, a été capturé «sur la base de renseignements fournis par des Irakiens, après une chasse à l'homme de dix jours», selon la télévision satellitaire qatarie al-Jazira.

Le général américain Marc Kimmitt a affirmé à l'AFP que le prisonnier «se trouvait aux mains de la coalition».

Après cette capture, 11 des 55 personnalités irakiennes les plus recherchées par les Américains sont toujours en fuite, dont Ezzat Ibrahim, ancien numéro deux du régime de Saddam Hussein.

D'autre part, les policiers de la ville rebelle de Falloujah (ouest de Bagdad) ont livré aux Américains les dépouilles de quatre assaillants tués la veille dans une attaque menée contre deux postes des services de sécurité irakiens, ainsi qu'un autre capturé vivant.

Au cours de cette attaque, la plus spectaculaire jamais organisée par la guérilla, des assaillants ont tué samedi 23 policiers et permis à une cinquantaine de prisonniers, des criminels de droit commun, selon la police, de s'échapper.

Le maire de Falloujah, Raad Hussein Bricha, a été arrêté dans la nuit de samedi à hier, par les forces américaines, ont affirmé plusieurs de ses collaborateurs. Elles l'ont interpellé dans son bureau «sans donner de raisons», selon l'un de ses assistants. Selon un autre, «les soldats américains venaient de Bagdad et l'ont conduit dans la capitale».

Deux autres attaques contre la coalition et une contre un parti kurde ont eu lieu au cours des dernières 24 heures.

Une patrouille américaine a été la cible, hier, de tirs d'armes automatiques dans la banlieue ouest de Bagdad, sans subir de pertes, selon un porte-parole militaire.

Toujours dans la capitale, deux Irakiens ont été tués et trois autres blessés par des assaillants qui ont tiré par erreur une roquette antichar contre leur minibus en tentant d'attaquer un convoi américain, selon une source hospitalière.

Enfin, trois Kurdes irakiens ont été blessés dans une attaque à la roquette antichar lancée contre le bureau de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) à Mossoul (nord), a indiqué un capitaine de la police.