Le FBI blanchit Hillary Clinton

Le FBI a recommandé mardi de ne pas poursuivre Hillary Clinton pour l’utilisation de courriels sur un serveur privé, un immense soulagement pour la candidate démocrate à la Maison-Blanche au moment où elle recevait pour la première fois l’appui de Barack Obama en campagne.

De l’avis du chef de la police fédérale américaine, James Comey, « aucune poursuite ne s’impose » à l’encontre de la secrétaire d’État même si elle a fait preuve d’une « négligence extrême ».

La ministre américaine de la Justice, Loretta Lynch, a assuré qu’elle se rangerait aux recommandations du FBI et des procureurs impliqués dans l’enquête, tentant ainsi d’écarter tout soupçon d’interférence politique dans ce dossier ultra sensible.

Certains des courriels envoyés par Mme Clinton en utilisant un serveur privé étaient classifiés « Secret » et des personnes mal intentionnées ont théoriquement pu y avoir accès, a souligné le patron du FBI. Mais l’ancienne chef de la diplomatie américaine n’a cependant « pas eu l’intention » de violer la loi selon M. Comey.

Si cette décision est une bonne nouvelle pour le camp Clinton, tant une possible inculpation aurait plombé sa campagne, les termes durs choisis par le patron du FBI pour qualifier les choix de l’ancienne première dame offrent de précieuses munitions à ses opposants républicains.

« Toute personne sensée occupant la fonction de Mme Clinton […] aurait dû savoir » qu’un serveur non protégé ne pouvait accueillir des informations classées secret défense, a notamment souligné le patron du FBI.


Réplique républicaine

« Le système est vicié », a immédiatement réagi Donald Trump sur Twitter, tandis que Paul Ryan, président républicain de la Chambre des représentants, dénonçait une décision « qui défie l’entendement ».

À trois semaines de la convention démocrate à Philadelphie, lors de laquelle Mme Clinton sera formellement investie candidate du parti aux dépens de Bernie Sanders, les républicains se sont saisis de l’affaire des courriels, emblématique selon eux de son manque de sérieux et de fiabilité.


« Nous sommes heureux que cette question soit désormais résolue », a souligné de son côté l’équipe de campagne de Mme Clinton, tentant de clore le débat qui devrait cependant rester vif.

3 commentaires
  • Tristan Roy - Abonné 5 juillet 2016 14 h 30

    La diplomatie demande le secret

    Évidemment que Mme Clinton utilisait un serveur privé. Il faut savoir qu'aux États Unis, les courriels de la secrétaire d'État se retrouvent éventuellement classés publiques après un certain nombre d'années. Très gênant pour correspondre avec des dirigeants étranger avec lesquels on tente de construire des relations diplomatiques. Ces échanges demandent parfois un secret absolu. Absolu comme dans "ne sera JAMAIS rendu publique". Ça oblige la ou le secrétaire d'État à utiliser d'autres canaux que les officiels.

  • Gilles Théberge - Abonné 5 juillet 2016 17 h 06

    Sincèrement...

    Si j'étais américain, devant ce spectacle hallucinant, je me demande si je ne voterais pas pour Trump...

    Qu'est-ce qui peut être pire qu'une menteuse professionnelle?

  • Michel Lebel - Abonné 5 juillet 2016 21 h 28

    Étrange comportement!


    Je me demande toujours pourquoi Hillary Clinton a commis cette ''négligence extrême''. Elle devait bien se douter qu'un jour cette histoire serait rendue publique. Un comportement aussi léger me dépasse. Étrange!

    M.L.