Venezuela: incertitude sur le référendum

Caracas — Le Conseil national électoral (CNE) du Venezuela fera connaître sa décision le 29 février sur l'organisation d'un référendum réclamé par l'opposition pour chasser du pouvoir le président Hugo Chavez, a annoncé hier l'un de ses directeurs, Jorge Rodriguez.

Cette annonce tant attendue survient dans un climat de tensions et d'incertitude provoqué par les pressions de l'opposition qui a appelé ses partisans à une grande manifestation aujourd'hui à Caracas devant se terminer devant le siège du CNE. Dans un premier temps, le CNE, chargé de vérifier le nombre et la validité des signatures réunies par l'opposition, avait indiqué qu'il annoncerait sa décision à partir d'hier, avant de demander un peu plus de temps.

Au cours d'une conférence de presse donnée avant l'annonce du CNE, le président Hugo Chavez, au pouvoir depuis 1998 et dont le mandat s'achève en 2006, a indiqué que si le conseil décidait de l'organisation d'un référendum, il ferait appel devant le Tribunal suprême.

«Nous avons dit que nous respecterions la décision du CNE [...] mais si le CNE dit qu'il y a référendum, nous irons au Tribunal suprême avec toutes ces preuves» de fraude, a déclaré M. Chavez, montrant notamment des copies de pétitions signées par des mineurs ou des personnes décédées. «Si le Tribunal suprême, après avoir révisé tout cela, décidait qu'il y a référendum, nous irions au référendum. Le gagnerions-nous? Oui, nous le gagnerions», a affirmé le président.

L'organisation du référendum est prévue dans l'accord signé en mai dernier entre le gouvernement et l'opposition, sous l'égide de l'Organisation des États américains (OEA), pour tenter de trouver une issue à la crise. Adoptée en 1999, la nouvelle Constitution «bolivarienne» permet aux Vénézuéliens de congédier leurs élus, du maire au président de la République, par des référendums, à la moitié de leur mandat.