Un nouveau brise-glace militaire russe prend la mer

Saint-Pétersbourg — La Russie a mis à l’eau vendredi à Saint-Pétersbourg un nouveau brise-glace militaire, une première en 45 ans qui témoigne de ses ambitions dans l’Arctique.

Également désigné sous le nom de « Projet 21180 », ce bâtiment, l’Ilia Mouromets, a un tirant d’eau de 6000 tonnes et mesure 85 mètres de long.

« En 2017, le navire va intégrer la Flotte du Nord et nous permettre de donner la priorité » aux eaux septentrionales, a annoncé l’amiral Igor Zvaritch, à la tête du département technique de la Marine russe.

La construction de deux autres brise-glace, d’un tirant d’eau de 8500 tonnes, doit être entamée l’automne prochain, a ajouté le directeur des chantiers navals de l’Amirauté à Saint-Pétersbourg, Alexandre Bouzakov.

Ambitions arctiques

La Russie, qui possède déjà 40 navires civils capables de briser les glaces tout au long de l’année, construit des brise-glace militaires conformément à sa politique d’expansion dans l’Arctique, explique l’expert Igor Korotchenko, directeur du Centre d’analyse du commerce mondial d’armes. « L’Arctique est aujourd’hui une région prioritaire pour la Russie. Nous y avons mis en place un ensemble de systèmes de défense antimissiles et construisons des bases militaires sur les îles des archipels », les brise-glace militaires étant dans ce contexte un élément-clé de leur ravitaillement, souligne-t-il.

La Russie en possède déjà plus que la totalité des autres pays, précise Alexandre Khramtchikine, expert russe à l’Institut de l’analyse géopolitique et militaire.

Outre leurs fonctions militaires, ajoute-t-il, ces bâtiments peuvent permettre de créer « des routes maritimes » nouvelles que, selon certaines études scientifiques, la fonte des glaciers pourrait rendre accessibles aux navires de commerce pendant l’été dès 2050.

Depuis plusieurs années, la Russie multiplie les manoeuvres militaires d’ampleur dans cette région riche en hydrocarbures et qui fait objet de convoitises croissantes, notamment de la part de la Russie, des États-Unis et du Canada.

En août, Moscou, qui se rêve en principale puissance de l’Arctique, a par ailleurs revendiqué devant les Nations unies, preuves scientifiques à l’appui, la souveraineté sur 1,2 million de km2 dans l’Arctique.