L’OTAN demande une hausse des budgets de défense

La Haye — Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a enjoint jeudi les alliés à respecter leurs engagements en augmentant leurs dépenses en matière de défense alors que l’Alliance est confrontée à une « situation sécuritaire difficile ».

Les pays de l’OTAN s’étaient engagés en 2014, lors d’un sommet au Pays de Galles, à enrayer la baisse constante de leurs dépenses de défense pour revenir en une décennie à un niveau équivalent à 2 % du PIB.

Jens Stoltenberg a lancé ce nouvel appel après une rencontre avec le ministre néerlandais Mark Rutte à La Haye et avant un sommet à Varsovie début juillet.

Les Pays-Bas ont déjà augmenté leurs dépenses en vue d’aider à affronter « les menaces actuelles à l’est et au sud » des frontières de l’OTAN, a expliqué Mark Rutte lors d’une rencontre avec la presse.

Aux Pays-Bas, le budget de la défense, d’un total de 7,5 milliards d’euros, a connu une hausse en 2016 de 220 millions d’euros. Cette augmentation devrait atteindre les 345 millions d’ici 2020.

Pour Jens Stoltenberg, les alliés de l’OTAN doivent d’abord mettre fin aux coupes budgétaires subies par les forces armées avant d’augmenter à nouveau graduellement les dépenses militaires.

« Je peux comprendre qu’il soit difficile d’accroître le budget de la défense. Tous les hommes politiques et la plupart des personnes que je rencontre préféreraient débourser de l’argent pour la santé, l’éducation, l’infrastructure et beaucoup d’autres secteurs, a déclaré le secrétaire général. Mais nous devons y investir, parce que la défense est une condition préalable à la sécurité et qu’il s’agit du seul moyen d’assurer la paix. »

   

Vers le sommet de Varsovie

À l’occasion du sommet de Varsovie, les membres de l’Alliance, inquiets face à « une Russie plus agressive dans l’est » et à « l’agitation et l’instabilité au sud », discuteront des différentes options avancées par les stratèges militaires pour poster « plusieurs bataillons dans les pays de l’Est », a affirmé Jens Stoltenberg.

Les tensions entre Moscou et l’OTAN ont récemment été ravivées à propos du bouclier antimissile américain en cours de déploiement en Roumanie et en Pologne, dont l’OTAN va prendre le commandement, alors que l’Alliance a entamé un rapprochement sans précédent avec l’UE, notamment pour l’aider à affronter la crise migratoire.

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