Iran - L'AIEA découvre des plans suspects

Vienne — L'AIEA a trouvé en Iran les plans non déclarés d'un modèle sophistiqué de centrifugeuse alors que Téhéran s'était engagé à faire toute la lumière sur son programme nucléaire, ont indiqué hier des diplomates à Vienne. Une source proche de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a confirmé que l'information parue hier dans le Financial Times était «vraie».

Mais selon cette source, il ne s'agit pas d'une révélation pouvant être utilisée par l'agence de l'ONU chargée de la sûreté nucléaire pour envoyer le dossier iranien devant le Conseil de sécurité, seul habilité à prendre d'éventuelles sanctions.

Les centrifugeuses sont utilisées pour séparer dans le minerai d'uranium les molécules d'uranium 235. Il faut 21 kg d'uranium 235 enrichi à 80-90 % pour faire une bombe atomique, selon les spécialistes.

En octobre, le Conseil des gouverneurs de l'AIEA avait lancé un ultimatum à l'Iran en lui demandant de révéler tous les détails de son programme nucléaire. Le Conseil doit se réunir le 8 mars pour examiner le dossier iranien.

À Berlin, le sous-secrétaire d'État américain, John Bolton, a affirmé que les États-Unis estimaient que l'Iran tentait toujours de fabriquer l'arme nucléaire. «Nous allons sérieusement examiner ce que nous allons faire avec l'Iran», a-t-il déclaré. Il a ajouté que toute action à venir serait engagée avec la coopération de la France, de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne. Le responsable américain a refusé d'exclure l'usage de la force.

À Rome où il était en visite, le chef de la diplomatie iranienne, Kamal Kharazi, a répondu que son pays «n'avait pas de plan pour développer des armes nucléaires» et a confirmé la volonté de Téhéran de coopérer avec l'AIEA.

De sources diplomatiques, on indique que l'AIEA a utilisé des informations recueillies lors du démantèlement du programme nucléaire de la Libye pour remonter jusqu'à l'Iran.