Dean fustige Kerry et encense Edwards

Washington — Le candidat Howard Dean, qui n'a jusqu'à présent remporté aucune primaire démocrate dans la course à la Maison-Blanche, s'est mis à tirer à boulets rouges sur le favori John Kerry, déclarant publiquement lui préférer un autre rival, John Edwards.

Ces derniers jours, Dean, 55 ans, se déchaîne littéralement contre celui qui l'a détrôné de sa position de favori dès la première étape de la campagne présidentielle, le caucus de l'Iowa, le 19 janvier, et mène depuis la course en tête.

Une stratégie qui est perçue par des commentateurs politiques comme le chant du cygne de celui qui était considéré au début de la campagne comme la tornade politique qui allait balayer les républicains et qui a été battu dans les

14 États déjà consultés. «Je sais ce que je fais», a cependant assuré l'ancien gouverneur du Vermont, qui concentre sa campagne sur le Wisconsin, un État du Nord qu'il espère enlever le 17 février, et sur les dix États en lice pour le «Super Tuesday» du 2 mars.

Après avoir promis de mener «une campagne positive» en s'attaquant uniquement au président sortant George W. Bush, il ne peut apparemment s'empêcher de critiquer son principal rival, John Kerry, 60 ans. Il vient ainsi d'accuser le sénateur du Massachusetts d'être «politiquement corrompu» et de ne «pas être capable de changer la culture politique à Washington».

«Nous voyons maintenant que le sénateur Kerry soutient non seulement le calendrier de Bush sur la guerre [en Irak] [...] mais il utilise aussi apparemment les mêmes mécanismes politiquement corrompus de collecte de fonds», a-t-il précisé mercredi. Kerry a voté au Congrès en faveur de l'intervention militaire en Irak.

Comme pour mieux admettre qu'il est mal placé pour affronter Bush le 2 novembre, Dean s'est en outre mis en devoir de vanter les qualités du benjamin de la campagne, le sénateur de Caroline du Nord, John Edwards.

«Le sénateur Edwards est un candidat plus solide pour l'élection générale que le sénateur Kerry», a glissé Dean à des journalistes du Journal Sentinel, un quotidien du Wisconsin. Car, ajoute-t-il, il n'est pas autant «imprégné de culture washingtonienne» que John Kerry, réélu trois fois à son poste de sénateur au Congrès.

Edwards a d'ailleurs déclaré hier qu'il allait bénéficier d'un report des voix partisanes du général à la retraite Wesley Clark, qui s'est retiré mercredi.