Les Pays-Bas ouvrent la porte au développement d'embryons

La modification de cette loi permettra d’effectuer certaines recherches en laboratoire.
Photo: Anne-Christine Poujoulat Agence France-Presse La modification de cette loi permettra d’effectuer certaines recherches en laboratoire.

La Haye — Les Pays-Bas vont autoriser le développement d’embryons « sous de très strictes conditions » pour des « recherches scientifiques spécifiques » portant sur l’infertilité, la reproduction médicalement assistée ou encore les maladies héréditaires, a indiqué vendredi le ministère de la Santé.

La loi sera modifiée pour « offrir la perspective d’avoir un enfant ou un enfant en bonne santé » aux parents qui ont des difficultés à concevoir, a indiqué le ministère dans un communiqué.

« Pour l’instant, les recherches sont menées sous des conditions strictes sur des embryons restants d’une fécondation in vitro [FIV], après l’accord du couple de donneurs », a-t-il précisé, soulignant que la création d’embryons à destination exclusive de recherche est actuellement interdite.

La modification de cette loi permettra « certaines recherches, qui peuvent mener au traitement ou à la prévention de maladies à court ou moyen terme », qui étaient jusqu’à présent « entravées par l’interdiction ».

« Reste la stricte condition selon laquelle les embryons ne peuvent pas être développés plus de quatorze jours hors du corps », a précisé encore le communiqué.

Le ministère prévoit également de bien accompagner et informer les « donneurs [potentiels]qui doivent donner explicitement leur accord ».


Politique du « non, mais »

Sous la loi actuelle, de nombreuses recherches scientifiques, possibles avec des cellules souches embryonnaires existantes, peuvent permettre de développer de nouveaux traitements pour le diabète de type I, la paraplégie et la maladie de Parkinson, ainsi que d’améliorer la qualité et les techniques de traitement de l’infertilité.

En autorisant la création d’embryons pour la recherche scientifique alors que la question fait débat en Europe et dans le monde, la ministre néerlandaise de la Santé, Edith Schippers, « a ainsi choisi la politique du “non, mais…” sous des conditions strictes ».

La Grande-Bretagne a accordé la première licence de recherche pour modifier génétiquement les embryons humains à un projet visant à mieux comprendre les causes des fausses couches.

Une décision qui a fait de la Grande-Bretagne l’un des premiers pays du monde à donner ce genre d’autorisation après des mois de délibérations auprès du régulateur britannique.

Au début du mois, des scientifiques américains ont rapporté avoir développé des embryons humains dans leur laboratoire pendant près de deux semaines pour la première fois. Personne n’était parvenu à garder des embryons vivants aussi longtemps jusqu’alors.

Les chercheurs ont alors détruit les embryons afin d’éviter d’enfreindre la loi.

Mais d’autres pays, comme l’Allemagne, interdisent d’intervenir sur l’embryon, y compris à des fins de recherche.