Haïti - La situation reste tendue

Port-au-Prince — La situation était toujours tendue hier en Haïti dans plusieurs villes du pays en proie à une insurrection armée et au moins deux personnes ont été tuées à Saint-Marc (nord de la capitale), portant le bilan à 44 morts depuis près d'une semaine.

Une partie de l'opposition réclame la démission du président Jean-Bertrand Aristide et des affrontements sanglants ont également lieu entre bandes rivales.

Les États-Unis ont indiqué hier matin être «extrêmement inquiets de la vague de violence qui touche l'ensemble d'Haïti» et «regretter profondément les morts». La veille, ils avaient de nouveau vivement recommandé aux Américains de «quitter le pays s'ils peuvent le faire en sécurité».

Hier, la France a de nouveau appelé à «l'arrêt immédiat de toutes les violences» en Haïti et déconseillé à ses ressortissants tous les voyages non indispensables dans ce pays. Mardi, Ottawa avait lancé le même conseil aux Canadiens.

Groupes antagonistes

Selon un premier bilan, au moins deux personnes ont été tuées dans la nuit de mardi à hier à Saint-Marc, à 96 kilomètres au nord de Port-au-Prince, au cours de violences entre groupes armés antagonistes, a indiqué hier un correspondant local hier.

La police nationale d'Haïti (PNH), accompagnée de militants proches du pouvoir du groupe armé Balai Rouzé, a mené hier matin une opération contre un groupe armé local d'opposition de Saint-Marc, verrou stratégique entre Port-au-Prince et les Gonaïves (nord-ouest), repris par la police lundi.

Les deux victimes, considérées comme proches de l'opposition, ont été brûlées dans leur maison par de présumés partisans de Balai Rouzé en représailles à l'incendie de la clinique du Dr Yvetho Mayette, frère de l'ex-député local, Amanus Mayette, proche de Balai Rouzé.

Incendies

Au Cap-Haïtien (nord), deuxième ville du pays, un dépôt de produits alimentaires a été pillé puis incendié par des inconnus armés dans la nuit de mardi à hier.

Lundi soir, le commissariat de Limbé, dans le nord d'Haïti, au sud de Cap-Haïtien, a été incendié par des inconnus armés qui ont ensuite pris la fuite, a indiqué à l'AFP un correspondant local par téléphone hier.

Les policiers avaient évacué le commissariat au moment de l'attaque, selon la même source, et on ignore pour l'instant s'ils l'ont regagné.