Russie - Le candidat disparu s'est senti menacé

Moscou — Ivan Rybkine, candidat à la présidentielle russe contre le président sortant Vladimir Poutine, a dit hier qu'il s'était senti menacé par les services secrets lors des cinq jours de sa récente et mystérieuse disparition.

«Je suis à 100 % sûr que les services spéciaux russes étaient au courant de ce qui s'est passé. Ils ont dit partout dans le pays que j'étais recherché, qu'ils n'arrivaient pas à me retrouver. C'était une sorte de jeu», a-t-il dit sur les ondes de la radio russe Ekho Moskvy.

Mais dans un récit souvent incohérent livré à cette radio, l'ancien président de la Douma d'État (chambre basse du Parlement) n'a pas su répondre à certaines questions clés liées à son «absence» du week-end dernier, ce qui pourrait entamer sa crédibilité de candidat à la présidence.

Prié de dire s'il comptait renoncer à cette élection, il a répondu: «J'y pense.»

Âgé de 57 ans, Rybkine semblait complètement perdu mardi soir lorsqu'il est finalement revenu à Moscou, mettant un terme aux recherches policières lancées en raison de sa disparition soudaine de son domicile, le 5 février dernier.

Hier, il s'en est tenu à sa version initiale, racontant qu'il avait simplement décidé de partir en Ukraine, sans prévenir ni sa femme ni ses conseillers, pour prendre ses distances et échapper aux pressions politiques liées à la campagne.

Il a affirmé qu'avant ce week-end, il était régulièrement suivi par deux hommes et que son QG de campagne avait été fouillé.

Il a pour la première fois reconnu qu'il avait été informé dès ce week-end de l'alerte déclenchée très tôt par sa «disparition».