Élections primaires - John Kerry ajoute la Virginie et le Tennessee à sa besace

Washington — Volant de victoire en victoire, le sénateur John Kerry se dresse comme le candidat du consensus des démocrates avec pour mandat d’empêcher le républicain George W. Bush de rester quatre ans de plus à la Maison Blanche.

Kerry a ajouté hier deux nouveaux États à son palmarès, le Tennessee et la Virginie. Il peut désormais se prévaloir d’un large soutien non seulement dans le nord des États-Unis dont il est issu, mais également dans le sud avec ce doublé.
D’autre part, l’ancien général à la retraite Wesley Clark envisage de mettre fin à sa campagne pour l’élection présidentielle aux États-Unis, après être arrivé en troisième position dans les deux élections primaires d’hier, selon la télévision CNN. Le candidat démocrate devrait annoncer officiellement aujourd’hui son retrait de la campagne présidentielle depuis son État de l’Arkansas, a précisé la chaîne américaine après l’annonce des résultats
«Une nouvelle fois, le message résonne clairement: les Américains ont voté pour le changement, dans l’est, dans le nord, dans l’ouest et maintenant le sud», a souligné, rayonnant, John Kerry à Fairfax (Virginie), lors d’un rassemblement de ses partisans destiné à fêter ses victoires.
«Vous avez montré que nos valeurs communes, l’équité, l’amour de notre pays, l’espoir et le travail sont plus importants que les frontières ou les lieux de naissance», a ajouté John Kerry.
Ses victoires dans le Tennessee et en Virginie représentent sa première réelle percée dans le sud dans son combat pour remporter l’investiture démocrate. Son doublé est d’autant plus marquant qu’il a largement devancé ses rivaux, notamment le sénateur de Caroline du Nord, John Edwards, et Wesley Clark, lié à l’Arkansas, qui considéraient le sud comme leur terrain de prédilection.
«Ces victoires projettent Kerry loin devant le peloton», estime Stuart Rothenberg, un politologue de Washington. «Clairement, les jours de John Edwards et Wesley Clark sont comptés».
Les seules élections perdues par Kerry jusqu’à présent sont celles de l’Oklahoma, remporté par Clark, et de la Caroline du Sud, gagnée par Edwards.
En Virginie, le sénateur du Massachusetts a attiré sur sa candidature pratiquement le double des voix qui se sont portées sur Edwards (51% contre 27%). Dans le Tennessee, où il avait moins fait campagne, il l’a emporté avec 40% des votes contre 26% pour Edwards.
Selon Bruce Oppenheimer, un professeur en sciences politiques à l’université Vanderbilt à Nashville dans le Tennessee, Kerry a prouvé sa capacité à souder les démocrates de l’ensemble du pays autour de sa candidature.
«Kerry semble avoir apporté la réponse à la question de savoir si quelqu’un du nord peut gagner dans le sud», relève Bruce Oppenheimer. «C’est désormais un candidat national. C’est le seul candidat qui a réussi à gagner dans chaque région» des États-Unis, renchérit l’expert politique Larry Sabato, de l’université de Virginie.
Pour gagner le droit de s’installer à la Maison Blanche, sachant que les États-Unis sont divisés en deux camps relativement égaux entre républicains et démocrates, John Kerry devra remporter les États traditionnellement acquis à la cause démocrate et ravir un ou deux États du sud à George W. Bush, estime Larry Sabato.