La «barrière de sécurité» devant la Cour suprême d'Israël

Jérusalem — Saisie par des organisations pacifistes nationales, la Cour suprême d'Israël a examiné hier durant deux heures la légalité de la barrière de sécurité que les autorités israéliennes érigent aux limites de la Cisjordanie afin, disent-elles, de réduire les risques d'attentat.

Cet examen a précédé les délibérations prévues à partir du 23 février par la Cour internationale de justice de La Haye, saisie par les Palestiniens, qui y dénonce une annexion des terres de leur futur État. L'instance juridique suprême d'Israël devrait rendre son arrêt dans les prochains jours. Le mini-cabinet israélien, de son côté, a reporté à jeudi sa décision en vertu de laquelle soit il boycottera les séances de la CIJ soit il y défendra sa cause.

Le Centre Hamoked pour la défense des individus et l'Association pour les droits civiques, à l'origine de la plainte, contestent le principe de ce projet et dénoncent ses conséquences sur la vie quotidienne des Palestiniens.

La barrière, qui tantôt prend la forme d'un mur, tantôt d'une clôture faite de fils coupants, suit en gros la frontière de 1967 entre Israël et la Cisjordanie, mais elle empiète par endroits très profondément sur les territoires occupés pour englober des implantations juives. «Nous demandons à la Cour d'ordonner au gouvernement [...] qu'un tel projet ne puisse être exécuté à l'intérieur d'un territoire occupé sans violer le droit international», a résumé Michael Sfar, avocat du Centre Hamoked.

Le projet a été lancé en 2002 pour contrer une vague d'attentats suicide palestiniens. Selon les autorités israéliennes, ses premières réalisations ont réduit les attentats. «En effet, la vie des Palestiniens vivant le long de la ligne n'est pas facile», a reconnu le bureau du procureur d'Israël dans sa réponse à la Cour, publiée par les médias israéliens.

«Cependant, poursuit-il en faisant référence à des cibles d'attentats suicide où des dizaines de personnes ont été tuées, on ne peut oublier que la vie à Gaza Road à Jérusalem n'est pas facile non plus. Pas plus qu'il n'est facile de mener une vie normale dans les restaurants Maxim ou Matza de Haïfa.»

Les pacifistes israéliens ont maintenu leurs poursuites en dépit des signes émanant du gouvernement, qui pourrait réviser à la baisse la longueur et modifier le tracé de cette barrière. Le tracé en serait par ailleurs modifié de manière à supprimer une partie des «boucles» controversées qui englobent des implantations juives en Cisjordanie.