Mission de l'ONU à Bagdad - Les chiites veulent des élections rapides

Bagdad — L'ONU monte en première ligne pour examiner la faisabilité d'organiser des élections démocratiques en Irak alors que la violence se poursuit, avec la mort hier d'un nouveau soldat américain.

Par ailleurs, le prince Charles, héritier de la couronne d'Angleterre, a effectué une visite-surprise de quelques heures en Irak où il est venu encourager le contingent britannique.

Les Nations unies feront «tout ce qui est possible» pour aider l'Irak à retrouver sa souveraineté, a expliqué Lakhdar Brahimi, chef de la mission onusienne chargée d'étudier la faisabilité d'élections directes à court terme, au sortir d'une rencontre avec le Conseil intérimaire de gouvernement irakien (CIG).

Cette mission vise en particulier à consulter les leaders chiites qui s'opposent au projet des Américains de faire élire un gouvernement par des assemblées locales de notables non élus par la population. Les États-Unis estiment en effet que le temps manque pour organiser un scrutin au suffrage universel d'ici l'été, alors qu'il n'existe même pas de registre électoral. Année électorale oblige, la Maison-Blanche entend en effet remettre le pouvoir à un exécutif irakien d'ici au 30 juin afin de se désengager ensuite progressivement.

Les émissaires de l'ONU, qui sont arrivés samedi, ont eu un premier entretien d'environ deux heures hier avec les membres du CIG, instance mise en place par les Américains et qui n'a qu'un rôle essentiellement consultatif à ce stade.

«L'ONU ne peut que mettre l'accent sur son désir de faire tout son possible pour aider le peuple irakien dans toutes ses composantes afin de sortir de sa longue épreuve et de l'aider à recouvrer son indépendance et sa souveraineté», a déclaré M. Brahimi qui est le conseiller spécial du secrétaire général Kofi Annan pour l'Irak.

«Nous sommes ici pour voir quelle sorte de mécanisme les Irakiens trouvent plus approprié pour leur pays», a expliqué le porte-parole de la mission Ahmed Fawzi.

L'ONU s'est retirée d'Irak l'an dernier après deux attentats contre elle. Le second, le 19 août, commis avec un camion kamikaze avait fait 22 morts dont l'émissaire de M. Annan, le Brésilien Sergio Vieira de Mello, qui était considéré comme son possible successeur à New York.

La mission onusienne doit se rendre dans la ville sainte chiite de Nadjaf pour y rencontrer le Grand Ayatollah Ali al-Husseini al-Sistani, qui exige des élections pluralistes en bonne et due forme.

Par ailleurs, un détachement d'une cinquantaine de soldats japonais est arrivé hier dans une base néerlandaise à Samawa, dans le sud de l'Irak, où sera stationné le premier contingent nippon déployé à l'étranger depuis la Seconde Guerre mondiale. Un convoi de 25 véhicules blindés est arrivé à la base où seront déployées les Forces d'autodéfense (FAD, l'armée japonaise).

Un soldat américain a été tué hier après-midi par un engin explosif placé sur une route à 30 km au sud de Bagdad, selon un porte-parole militaire américain. Ce décès porte à 254 le nombre de militaires américains tués dans des attaques depuis le 1er mai, date de l'annonce par le président américain George W. Bush de la fin des combats majeurs en Irak.