Nouvelle incursion israélienne à Rafah - Sharon vante son plan de séparation

Gaza — Un Palestinien a été tué hier et vingt et un autres ont été blessés lors d'une nouvelle incursion de l'armée israélienne à Rafah dans le sud de la bande de Gaza. Sur le plan politique, le premier ministre israélien de droite Ariel Sharon tentait de rallier les ministres de son parti à son plan de séparation d'avec les Palestiniens, qui prévoit le démantèlement de 17 colonies de la bande de Gaza.

Il a rencontré le ministre des Affaires étrangères Sylvan Shalom et doit s'entretenir dans les jours à venir avec d'autres ministres du Likoud «pour expliquer les principes de son plan unilatéral de séparation qu'il tente de finaliser», a indiqué son porte-parole.

Sur le terrain, un responsable armé du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), blessé par des soldats israéliens qui avaient encerclé sa maison dans le camp de réfugiés de Rafah, est décédé, portant à 3742 le nombre de personnes tuées depuis le début de l'Intifada, en septembre 2000, dont 2799 Palestiniens et 875 Israéliens.

Vingt et un autres Palestiniens, dont quatre enfants et deux femmes, ont été blessés durant les échanges de tirs, selon des sources médicales.

Dans la nuit, un autre Palestinien a été tué par des tirs de soldats israéliens alors qu'il tentait de s'approcher d'une colonie juive proche de Rafah.

Le mouvement radical palestinien Jihad islamique a promis hier de venger la mort d'un de ses chefs militaires, tué la veille par un raid aérien israélien.

Par ailleurs, le Premier ministre palestinien Ahmad Qoreï va de son côté chercher le soutien de l'Europe devant la Cour internationale de justice de La Haye (CIJ), saisie de la construction par Israël du «mur» en Cisjordanie.

M. Qoreï doit quitter le Caire pour se rendre aujourd'hui en Irlande puis en Italie, avant des visites à Bruxelles, Londres, Paris et Berlin. Bien que l'Europe s'oppose à la construction de la ligne de séparation, elle a irrité les Palestiniens en jugeant «inapproprié», le recours à la CIJ, comme le soutient Israël.