En bref - L'AIEA fait enquête malgré les réticences du Pakistan

Vienne — L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a annoncé hier qu'elle poursuivait, malgré les réticences d'Islamabad, son enquête sur les trafics nucléaires clandestins qu'avait conduits le «père de la bombe pakistanaise». «Nous sommes extrêmement intéressés par ce marché noir parce qu'il a des implications pour notre capacité à terminer notre travail en Iran et en Libye», a déclaré le porte-parole de cette agence de l'ONU, Mark Gwozdecky.

Le président pakistanais Pervez Musharraf a «pardonné» jeudi au scientifique pakistanais Abdul Qadeer Khan pour sa responsabilité dans les transferts illicites de technologie nucléaire. M. Musharraf a également écarté toute mise en cause des autorités militaires chargées de l'arsenal pakistanais.

Dans le même temps, il a affirmé que le Pakistan poursuivrait son programme nucléaire sans contrôle de l'ONU et de l'AIEA. Le Pakistan est «un pays souverain» qui n'acceptera «aucune enquête indépendante, ni supervision des Nations unies», a-t-il souligné.

Si le Pakistan est membre de l'AIEA, il n'est pas signataire du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et n'est donc pas obligé d'accepter les inspections des experts chargés des contrôles dans le monde. Mais, selon un diplomate accrédité auprès de l'AIEA à Vienne, il convient d'examiner si Islamabad n'est pas tenu de coopérer avec l'agence pour des transferts à d'autres pays, comme l'Iran.