Le Canada entend faire sa part

Dans le cadre des nouvelles démarches mondiales pour le désarmement nucléaire, le Canada centrera ses efforts sur le contrôle de la dispersion de matériel qui pourrait être utilisé par des terroristes pour créer des armes nucléaires.

C’est ce qu’a déclaré lundi le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion, alors qu’il se trouvait à Hiroshima au Japon pour une rencontre des chefs de diplomatie des sept pays les plus industrialisés (G7).

M. Dion a spécifié que le Canada voit la conclusion d’un traité sur l’interdiction de la production de matières fissiles (FMCT) comme l’avenue la plus efficace pour relancer les initiatives de désarmement nucléaire.

Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 ont appelé la communauté internationale a renouvelé ses efforts pour réduire l’arsenal nucléaire après avoir visité la ville d’Hiroshima qui a été détruite par une bombe nucléaire lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Engagement

Les représentants des États-Unis, du Canada, de la France, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, de l’Italie et du Japon se sont engagés à peaufiner un plan d’action dans le but de mettre en oeuvre la « Déclaration d’Hiroshima » qui invitera les autres pays à suivre la voie du désarmement nucléaire.

Dans une entrevue à La Presse canadienne, M. Dion a indiqué que la route sera longue, mais que des efforts doivent être consentis.

« C’est un défi, parce qu’au cours des 20 dernières années cela a stagné », a-t-il dit expliquant qu’il n’y a pas eu d’avancées significatives dans le désarmement nucléaire au cours de cette période.

« Ce que je crois que nous devons faire, très fermement, c’est de nous centrer sur le traité sur l’interdiction de la production de matières fissiles, a-t-il expliqué. C’est celui qui est le moins difficile à atteindre. »

Les Nations unies (ONU) examinent la possibilité de créer un tel traité depuis plus d’un demi-siècle.

En 2012, le Canada avait notamment parrainé une résolution à l’Assemblée générale de l’ONU pour la mise en place d’un groupe d’experts qui devaient travailler à la création du traité.

Terrorisme

Par ailleurs, la lutte contre le terrorisme a monopolisé une partie des discussions entre les ministres des Affaires étrangères du G7.

Un communiqué conjoint publié par les ministres en fin de journée lundi condamne les récentes attaques terroristes en Turquie, au Nigéria, en Côte d’Ivoire, au Pakistan et en Belgique, de même que les essais nucléaires menés par la Corée du Nord. Les signataires dénoncent aussi l’annexion de la péninsule ukrainienne de la Crimée par la Russie.

Le ministre japonais Fumio Kishida a estimé en conférence de presse que le terrorisme et l’extrémisme violent apportaient de nouveaux défis afin d’assurer la paix et la stabilité dans le monde.

Ce présent sommet des ministres a été l’occasion pour le secrétaire d’État John Kerry de devenir le plus important politicien des États-Unis à se rendre à Hiroshima depuis la Deuxième Guerre mondiale. Il a déposé une gerbe de fleurs au cénotaphe rendant hommage aux victimes du bombardement atomique américain de 1945.