«Les banques ont leur part de responsabilité»

UBS, HSBC, Rothschild, Credit Suisse, Deutsche Bank ou encore la française Société Générale figurent parmi les banques engagées dans des activités «offshore».
Photo: Frank Augstein Associated Press UBS, HSBC, Rothschild, Credit Suisse, Deutsche Bank ou encore la française Société Générale figurent parmi les banques engagées dans des activités «offshore».

D’après les données analysées par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), des centaines d’établissements bancaires ont enregistré des sociétés extraterritoriales par l’entremise du cabinet panaméen Mossack Fonseca, parmi lesquelles HSBC, UBS et la Société Générale.

D’après les données analysées par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), des centaines d’établissements bancaires ont enregistré des sociétés extraterritoriales par l’entremise du cabinet panaméen Mossack Fonseca, parmi lesquelles HSBC, UBS et la Société Générale.

« Ce que révèlent les Panama Papers est scandaleux, écrit le journal Süddeutsche Zeitung. De nombreuses affaires documentées sont criminelles, certaines peut-être seulement discutables. Mais une chose est sûre : les banques étaient toujours de la partie. »

Et pour cause, d’après les données analysées par l’ICIJ, plus de 500 instituts bancaires du monde entier ont recouru aux services du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca pour enregistrer quelque 15 600 sociétés extraterritoriales par son entremise. La plupart de ces sociétés ont été créées à partir des années 1990, précise l’ICIJ.

UBS, HSBC, Rothschild, Credit Suisse, Deutsche Bank ou encore la française Société Générale figurent parmi les banques engagées dans ces activités offshore. HSBC et ses filiales ont enregistré plus de 2300 sociétés, indique The Wall Street Journal, qui souligne que le directeur de la banque britannique, Stuart Gulliver, a lui-même eu recours à une société panaméenne créée par Fonseca pour dissimuler des millions de livres.

Dans le respect total...

« UBS mène ses affaires dans le respect total des lois en vigueur et des réglementations », s’est défendu l’établissement bancaire suisse, qui aurait enregistré plus de 1100 sociétés via le cabinet panaméen. Son concurrent Credit Suisse en aurait créé 1105.

Côté français, la Société Générale n’est pas en reste. Elle figure même parmi les dix banques les plus impliquées dans les Panama Papers avec 979 sociétés territoriales enregistrées, selon l’ICIJ.

À Londres, des responsables politiques s’insurgent contre ces pratiques, rapporte le Financial Times. « Les banques se fourvoient en jouant le rôle de facilitateur pour permettre aux gens de détenir des comptes non déclarés. Le gouvernement doit prendre des mesures pour s’assurer qu’au Royaume-Uni, les banques n’agissent pas sur d’autres territoires pour aider les gens à dissimuler leur argent », a déclaré le député conservateur Chris Philp.

« Certes, les banques n’ont jamais été les seules responsables », souligne la Süddeusche Zeitung dans son éditorial. « La politique a toléré des paradis fiscaux comme le Panama et n’a pas exercé de pression sur le pays […]. Dans ce climat, les banques ont fait ce qu’il leur était permis de faire. Doit-on le leur reprocher ? La réponse est oui, assène le journal à l’origine des révélations. Les représentants de l’économie ont aussi une responsabilité. »  

Le patron de la BMO défend les banques

Toronto — Le chef de la direction de la Banque de Montréal défend les pratiques du secteur bancaire canadien contre le blanchiment d’argent à la suite de reportages liant une grande institution financière canadienne à une firme d’avocats panaméenne au coeur de l’usage répandu de paradis fiscaux.

Bill Downe a affirmé que les banques canadiennes avaient « considérablement » augmenté leurs mesures contre le blanchiment d’argent au cours des sept à dix dernières années à la demande de divers gouvernements à travers le monde.

M. Downe a dit en entrevue, mardi, à Toronto, à la suite de l’assemblée des actionnaires de la banque, être d’avis que les articles de la loi sur le secret bancaire concernant le blanchiment d’argent, particulièrement pour les comptes en dollars américains, étaient « extrêmement robustes ».

Le chef de la direction a ajouté soupçonner que si de quelconques violations devaient ressortir des Panama Papers, elles seraient liées à des affaires remontant à un bon nombre d’années — avant les efforts considérables des banques pour augmenter leurs pratiques contre le blanchiment d’argent.

Des médias rapportent que la Banque Royale du Canada et ses filiales ont fait appel à la firme d’avocats panaméenne Mossack Fonseca pour constituer plus de 370 sociétés-écrans. La Banque Royale a réagi en disant qu’elle opérait dans le respect de la loi et comptait des politiques en place pour prévenir l’évasion fiscale.

La banque a affirmé qu’il y avait parfois des raisons légitimes d’établir une société de portefeuille, tout en ajoutant que si l’institution avait des raisons de croire qu’un client avait l’intention de commettre une infraction criminelle d’évasion fiscale, elle relaierait l’information et ne fournirait pas de services au client.

Les Panama Papers révéleraient les transactions outremer de plus de 100 politiciens et personnalités publiques de nombreux pays.

L’Agence du revenu du Canada a affirmé par communiqué, mardi, qu’elle poursuivait ses vérifications reliées à l’évasion fiscale outremer, y compris des audits de certains clients canadiens par rapport à Mossack Fonseca.


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