Dean se donne jusqu'au 17 février

Perdant sur toute la ligne depuis le début des primaires contre la machine du sénateur John Kerry, l'ancien gouverneur du Vermont, Howard Dean, a envoyé un courriel à ses militants les avertissant qu'il abandonnera la course à l'investiture démocrate s'il ne l'emporte dans l'État du Wisconsin, le 17 février.

Le virage est radical pour M. Dean qui, il y a deux jours encore, balayait du revers de la main l'idée de ne pas être de l'important «Super Tuesday» du 2 mars et de la primaire qui aura lieu en Floride une semaine plus tard.

«Toute la course se résume à ceci: nous devons gagner dans le Wisconsin», écrit-il dans son courriel disséminé dans la nuit de mercredi à hier. «Faire moins nous placera hors course.» Son courriel est aussi un effort de financement: M. Dean demande aux militants des contributions de 50 $ en espérant réunir 700 000 $ d'ici dimanche pour faire un blitz publicitaire dans le Wisconsin.

Donné favori au départ avec le trésor de campagne le mieux garni de tous les candidats (41 millions $US) et le soutien de l'ancien candidat démocrate à la présidence Al Gore, Howard Dean s'est complètement écrasé, ne remportant aucun des neuf caucus et primaires tenus jusqu'à maintenant. The New York Times affirmait hier qu'il était sous pression croissante de la part de syndicats et de membres du Congrès qui l'ont appuyé afin qu'il se retire. Sa caisse a fondu à neuf millions, ce qui l'a forcé à suspendre le versement de salaires à son état-major et à renoncer à faire de la publicité télévisée dans les sept États consultés mardi dernier, où son score a été lamentable.

Depuis sa performance décevante de la semaine dernière dans le New Hampshire, où il est arrivé deuxième, l'organisation Dean a apparemment décidé de se concentrer sur le Wisconsin, où l'électorat jugé plus progressiste en fait un terrain potentiellement fertile pour son message antiguerre et sa rhétorique anti-establishment. Il a été le premier candidat à l'investiture à créer une organisation dans l'État, où des bureaux ont été ouverts dans huit villes.

D'ici là, M. Dean croit pouvoir faire bonne figure ce week-end dans les caucus du Michigan et les primaires de l'État de Washington — où il prétend même pouvoir faire mieux que Kerry — et du Maine. Sauf que dans le Michigan, qui désignera 128 délégués à la convention démocrate de la fin juillet à Boston, les sondages lui sont fort défavorables. Le plus récent, publié hier par le Detroit News, ne le crédite que de 9 % des voix, contre 56 % à un John Kerry dont la poussée paraît à peu près imparable.

Le sénateur de la Caroline du Sud, John Edwards, et le général Wesley Clark, les deux seuls «sudistes» de la course démocrate, ne se font pas d'illusions sur leurs chances de percer aux élections du week-end. Ils ont plutôt choisi de se concentrer sur le Tennessee et la Virginie, deux États du sud qui tiennent leurs primaires mardi. Le défi immédiat pour tous les rivaux de M. Kerry consiste à le ralentir suffisamment pour demeurer politiquement viable jusqu'au super mardi du 2 mars, quand seront choisis plus de 1100 délégués (la moitié de ceux nécessaires pour remporter l'investiture) dans dix États, dont ceux de New York et de la Californie.