Annan félicite Sharon, qui pense à un référendum

Nations unies — Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a félicité hier le premier ministre israélien Ariel Sharon pour sa volonté affichée de supprimer l'essentiel des colonies juives dans la bande de Gaza et a dit espérer qu'il ferait de même en Cisjordanie. «J'ai été plutôt surpris de la décision du premier ministre Sharon de se retirer de Gaza. C'est un développement positif», a déclaré Kofi Annan à la presse.

Le secrétaire général a dit espérer que le «quartet» (États-Unis, Russie, UE et ONU) promoteur de la «feuille de route», l'un des plans de paix pour le Proche-Orient, puisse aider Sharon à mettre en oeuvre son projet. Cependant, a prévenu Annan, «le retrait de la Cisjordanie sera également requis si on veut établir deux États, Israël et la Palestine, vivant en paix côte à côte, et véritablement respecter l'esprit de "paix contre territoires"». Sharon a proposé de supprimer 17 colonies juives à Gaza et trois en Cisjordanie et a proposé un référendum sur sa proposition, mal reçue par la droite.

Ariel Sharon a laissé entendre hier qu'il était prêt à organiser un référendum sur son plan d'évacuation des colonies de peuplement de la bande de Gaza.

Selon un responsable politique haut placé, le fait que le premier ministre soit prêt à soumettre son projet aux électeurs témoigne de sa confiance sur le sujet. D'après un sondage, 59 % des Israéliens seraient favorables à un retrait de Gaza.

Ariel Sharon peut en outre faire face à d'éventuelles défections au sein de sa majorité, dont un parti au moins, le Parti national religieux, a catégoriquement rejeté ce plan, en faisant appel au Parti travailliste.

À peine réélu à la tête de l'opposition travailliste, Shimon Peres s'est en effet déclaré prêt à soutenir le gouvernement d'Ariel Sharon si celui-ci suivait la voie de la paix. Une autre option possible pour Ariel Sharon serait d'organiser des élections anticipées, a ajouté son porte-parole.

Par ailleurs, Ariel Sharon sera entendu aujourd'hui par la police dans le cadre de l'enquête sur des pots-de-vin que lui aurait versé un homme d'affaires avant son accession au poste de premier ministre, a-t-on appris hier de sources policières.