Observatoire de la mondialisation: le Québec a servi de modèle à la France

Paris - La France a décidé de se doter d'un «observatoire de la mondialisation» largement inspiré de celui créé par le gouvernement de Bernard Landry mais rapidement abandonné par celui de Jean Charest.

Régulièrement évoqué ces derniers mois et fortement souhaité par le président Chirac, le projet est désormais sur les rails. Un rapport soumis au premier ministre Jean-Pierre Raffarin, il y a trois semaines, définit désormais les contours de cet «Observatoire national des effets de la mondialisation». Vendredi, son auteur, le sénateur Serge Lepeltier, rencontre le chef de l'État, le président Chirac, pour discuter de la mise en place de l'organisme, dont la mission sera en tous points semblable à celle qui avait été confiée à l'observatoire québécois.

«Dès que nous avons pensé à créer un observatoire, nous avons regardé ce qui se faisait ailleurs dans le monde. Nous avons vu que l'observatoire québécois était le plus abouti, a raconté le sénateur. Et nous sommes clairement partis sur les mêmes objectifs.»

M. Lepeltier s'est bien gardé de commenter la décision du gouvernement Charest de fermer l'observatoire présidé par Pierre Lampron quelques mois seulement après sa création au début de 2003. Mais il a fait observer que la décision avait peut-être été prise «un peu tôt». «L'observatoire québécois venait de prendre son envol, a-t-il noté. Et pour nous, en tant qu'observatoire français, il nous aurait été très utile, puisqu'il nous aurait apporté un regard différent du nôtre.»

En décembre, au moment où il mettait la dernière main à son rapport, le sénateur a «longuement» reçu au Sénat l'ex-ministre des Relations internationales, Louise Beaudoin, qui avait créé l'observatoire québécois de la mondialisation.

«Il est très satisfaisant de constater que nos travaux et notre réflexion approfondie ont contribué à convaincre la France qu'il s'agissait d'une idée porteuse et structurante pour aborder la problématique de la mondialisation, a indiqué dans un courriel Mme Beaudoin. Qu'une grande puissance comme la France s'inspire de notre expérience me réjouit. Notre travail donne des fruits inattendus, mais d'autant plus satisfaisants.»

L'Observatoire français des effets de la mondialisation devrait voir le jour dans un an. Il sera forcément ouvert sur l'international et s'empressera, a indiqué le sénateur, de nouer des liens avec des organismes de recherche et d'autres observatoires, quand ils existeront.