Ouest américain - Les candidats à l'investiture démocrate se disputent le vote hispanique

Los Angeles — Les sept candidats à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine se disputent dans l'Ouest américain le vote hispanique, où il est incontournable.

«Le vote hispanique peut faire la preuve de son poids durant ces élections», estime Hector Preciado, un responsable de l'Institut Tomas Rivera d'étude des minorités.

Le favori des primaires démocrates, John Kerry, voulait asseoir son statut avec des victoires hier dans l'Arizona et au Nouveau-Mexique, deux États où les Hispaniques représentent respectivement 25 % et 40 % de la population. Mais il doit pour cela s'assurer que les discours sur l'immigration tenus par l'ancien gouverneur du Vermont Howard Dean ne lui fassent pas trop d'ombre.

Aussi John Kerry, qui semble l'incarnation de la bonne société du nord-est des États-Unis, s'est-il assuré le soutien du gouverneur hispanique du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, ancien ministre de Bill Clinton. Et depuis quelques jours, il fait diffuser des spots publicitaires en espagnol où il promet de «rendre l'espoir au pays».

«À la différence d'autres minorités, les Hispaniques ne privilégient pas un parti en particulier, mais se déterminent selon l'attention que portent les candidats aux sujets qui leur tiennent à coeur, la santé, l'enseignement et l'immigration, précise Hector Preciado. Leur influence s'est révélée ces dernières années par l'importance que tous les candidats accordent à ces dossiers.»

Les Hispaniques «votent généralement démocrate, à deux contre un, mais cela signifie surtout que les démocrates ont répondu le plus à leurs préoccupations», ajoute encore M. Preciado.

Le président républicain George W. Bush, qui parle espagnol, fait de son mieux pour inverser la tendance au profit des républicains, et il a proposé, début janvier, une réforme de l'immigration qui pourrait bénéficier à des millions de sans-papiers, souvent hispaniques.

Car si les 38 millions d'Hispaniques constituent désormais la première minorité du pays, devant les Noirs, nombre d'entre eux sont clandestins, et seulement 21 %, soit 7,5 millions, sont inscrits sur les listes électorales, selon l'organisation LULAC de défense des droits des Latinos-Américains aux États-Unis.