La grippe aviaire continue de s'étendre en Asie

Bangkok — Un quatrième enfant est mort hier de la grippe aviaire en Thaïlande, ce qui porte à treize le nombre des décès dus de manière certaine à cette épidémie qui frappe dix pays d'Asie, au moment où des experts internationaux étaient réunis à Rome pour trouver une parade d'urgence.

La Chine a annoncé que la maladie avait continué de s'étendre et l'Indonésie a confirmé être touchée par la souche la plus virulente, le virus H5N1.

En revanche, les soupçons sur un cas possible en Allemagne, qui aurait été le premier d'Europe, ont été levés. L'Institut Bernhard-Nocht de Hambourg a déclaré qu'une femme rentrant de Thaïlande et se plaignant d'avoir les symptômes de la maladie souffrait en réalité d'un virus humain.

En Thaïlande, le pays le plus touché après le Vietnam, un responsable de la santé a annoncé le décès d'un petit garçon de sept ans, ce qui porte à quatre le nombre de cas mortels confirmés de grippe aviaire dans ce pays. Avant cet enfant, deux garçons de six ans et une femme de 58 ans étaient morts fin janvier.

Toujours en Thaïlande, un garçon de quatre ans qui présentait les symptômes de la grippe aviaire, sans que la maladie ait pu être confirmée, est mort hier. Cela porte à onze le total des décès de cas possibles de grippe aviaire dans le pays. La Thaïlande comptait encore sept malades suspects hier.

Le Vietnam est le seul autre pays à avoir enregistré des victimes humaines (neuf morts confirmés) de l'épidémie, apparue il y a un mois et demi en Corée du Sud.

Un représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé hier que deux nouveaux cas de grippe aviaire avaient été enregistrés au Vietnam, ce qui porte à treize le nombre des personnes infectées par la maladie dans ce pays, y compris les neuf qui sont décédées.

À Pékin, la télévision nationale a annoncé que deux nouvelles provinces, le Shaanxi dans le nord et le Gansu dans le nord-ouest, étaient affectées. Elle a également mentionné cinq nouveaux foyers, portant le total à 19. Le nombre de régions de Chine continentale affectées est désormais de 12 sur un total de 31.

Comme d'autres pays de la région, la Chine fait également l'objet de critiques: plus de deux

semaines après le début de l'épizootie, le bureau de l'OMS à Pékin disait hier toujours attendre des informations de la part du gouvernement.

En Indonésie, le ministère de l'Agriculture a confirmé la présence du virus H5N1, le plus dangereux pour l'homme, et annoncé un renforcement des mesures visant à juguler l'épizootie.

Experts réunis à Rome

L'Inde, encore exempte de la maladie, a déployé des centaines de soldats à sa frontière avec la Birmanie, pays non touché mais voisin de la Thaïlande.

À Rome, des experts vétérinaires du monde entier se sont réunis à huis clos pour élaborer des recommandations, attendues demain, afin de combattre l'épidémie de grippe aviaire en Asie, de limiter sa propagation et d'aider les pays touchés.

La réunion a débuté hier matin au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), en présence d'une quarantaine d'experts de la FAO, des laboratoires rattachés, de l'OMS et de l'Organisation internationale des épizooties (OIE), qui a son siège à Paris.

L'OMS avait récemment évoqué la mort possible de «millions» de personnes si le virus, jusqu'alors animal, gagnait en virulence en se mêlant au virus humain d'une épidémie de grippe en cours. Certains experts ont toutefois jugé ce discours alarmiste.

L'OMS a souligné hier à Genève qu'on était encore loin d'une mutation catastrophique du virus. Selon le Dr Michael Ryan, un haut responsable de l'organisation chargé de la lutte contre l'épidémie, une telle mutation «prendrait des mois, voire davantage», à partir du moment où le virus actuel H5N1 commencerait à acquérir des gènes du virus humain de la grippe.

«Il est très important pour l'instant de garder son calme à propos des scénarios catastrophe», a déclaré le Dr Ryan.