La Macédoine rouvre brièvement sa frontière

Idomeni — La Macédoine a rouvert brièvement dans la nuit de mardi à mercredi sa frontière avec la Grèce et laissé passer sur son territoire environ 170 réfugiés Syriens et Irakiens alors que du côté grec 10 000 migrants continuaient d’attendre, selon les autorités locales grecques.

En fin de matinée, un autre groupe d’une vingtaine de réfugiés a été autorisé à traverser la frontière avant que celle-ci soit à nouveau fermée, selon un journaliste de l’AFP. Il s’agit des premiers groupes de migrants qui ont été autorisés à traverser cette frontière, principale route des Balkans à destination des pays de l’Europe du Nord, depuis lundi après-midi, lors des incidents survenus entre des réfugiés et des policiers macédoniens.

Des centaines de personnes avaient alors tenté de forcer la barrière frontalière avant que la police macédonienne eût fait usage des gaz lacrymogènes pour les empêcher de traverser la frontière. Depuis, Skopje a augmenté le nombre de ses soldats et de ses policiers à la frontière avec la Grèce «pour des raisons préventives», selon Natalija Spirova Kordic, porte-parole de la police.

Les directeurs de la police de l’Autriche, Slovénie, Croatie, Serbie et Macédoine ont décidé mardi à Belgrade le renforcement des contrôles aux frontières. À l’opposé d’une première réunion similaire sur ce même sujet à la mi-février, la Grèce a été invitée à y participer, mais finalement elle a refusé pour exprimer «son mécontentement» concernant la première réunion, a-t-on appris auprès du ministère de la Protection du citoyen.

«Un des buts de la réunion était de faire en sorte que le flux des migrants soit organisé de manière à diminuer la pression sur la frontière entre la Macédoine et la Grèce (...), il n’a pas été question de quotas», a déclaré le directeur en exercice de la police serbe Vladimir Rebic.

En raison des restrictions imposées initialement par l’Autriche, suivie par d’autres pays européens et des Balkans de l’Ouest concernant le nombre de migrants autorisés à entrer sur leur territoire, des milliers de migrants et réfugiés sont bloqués côté grec à la frontière avec la Macédoine depuis le week-end.

Selon le maire d’Idomeni, village-frontière côté grec, près de 7000 migrants et réfugiés, dont de nombreuses familles et enfants, se trouvaient mercredi dans les deux camps d’accueil, tandis que 3000 campaient dans les champs. La nourriture n’étant pas suffisante pour tout le monde, des files d’attente de migrants se sont formées pour obtenir de la nourriture, a rapporté une journaliste de l’AFP.

Des centaines de migrants continuaient mercredi à affluer à la frontière à bord des taxis ou à pied: «Ça fait trois heures que je marche. Le taxi nous a laissés dans la rue (...)», a indiqué à l’AFP Mouiiaed Saker, 37 ans, un pompier syrien. Devant cette situation, intenable pour la Grèce et qui pourrait causer une crise humanitaire, selon le Haut-commissariat des réfugiés (HCR), l’Union européenne devait proposer mercredi d’allouer une partie de son aide humanitaire aux pays membres confrontés à des arrivées massives de migrants. La Grèce estime avoir besoin de près de 500 millions d’euros pour organiser l’accueil de 100 000 réfugiés et gérer la situation à sa frontière avec la Macédoine.