Pour 2005, un autre budget de guerre, mais moins déficitaire

Washington — Le président américain George W. Bush, en pleine campagne électorale, a dévoilé hier un budget 2005 de 2400 milliards de dollars, qui iront d'abord à la défense et à la sécurité, tout en promettant de réduire l'énorme déficit public.

«Avec une restriction des dépenses et une politique soutenant la croissance, nous pouvons diviser le déficit par deux d'ici cinq ans», a assuré le président républicain.

Après un trou record de 521 milliards de dollars en 2004 (4,5 % du PIB), le déficit doit revenir à 364 milliards de dollars (3 % du PIB) durant l'année fiscale 2005, qui débute le 1er octobre. Il se réduira ensuite comme peau de chagrin à 237 milliards de dollars en 2009, selon le projet de budget.

«Notre budget répond à une situation très sérieuse. Nous sommes en guerre et nous avons fait face à une récession», a déclaré M. Bush en guise de justification alors que l'ampleur du déficit inquiète les principaux partenaire s économiques des États-Unis.

Cette question est cruciale en cette année électorale car elle est la cible de critiques répétées de l'opposition démocrate, voire d'une partie des républicains conservateurs, qui s'inquiètent de voir le pays vivre au-dessus de ses moyens et d'hypothéquer l'avenir.

«La réponse de ce président alors que les déficits sont à un niveau record: c'est d'augmenter les dépenses et de faire baisser les recettes, a renchéri Kent Conrad, un sénateur démocrate membre de la commission budgétaire. Ce que fait ce président vous coupe le souffle, c'est dangereux et c'est imprudent.»

Dans son introduction à l'épais document budgétaire, le président a adopté un ton très martial. «Nous allons continuer à donner à notre pays ce qu'il faut

pour le défendre en soutenant pleinement notre armée, qui se conduit avec beaucoup de talent et d'honneur à l'étranger», écrit-il.

Joignant le geste à la parole, il propose d'augmenter de 7 % le budget de la défense qui va atteindre 402 milliards de dollars et progressé pour la cinquième année consécutive. Mais ce montant ne tient pas compte du coût des futures opérations en Irak et en Afghanistan. La sécurité intérieure (Homeland security), chargée de protéger le pays d'attaques terroristes, verra son budget progresser de 9,7 % à 30 milliards, selon le projet. Le Département d'État voit pour sa part son enveloppe grimper de 10,7 %.

Nombre de ministères vont devoir se serrer la ceinture pour contrôler les dépenses parce que le budget prévoit une hausse de 0,5 % seulement pour les dépenses discrétionnaires hors défense et sécurité. Ce sont l'Agriculture (-8,1 %), la Santé (-1,6 %), la Justice (-3,1 %) et les Transports (-2,1 %).