Londres veut durcir sa législation antiterroriste

Londres — Londres veut durcir sa législation antiterroriste de façon à permettre la condamnation de terroristes présumés britanniques sur la base d'une simple culpabilité «probable» afin d'éviter d'éventuelles attaques suicide, a annoncé le ministre de l'Intérieur David Blunkett.

L'objectif est, selon le ministre, de fusionner la loi antiterroriste de 2000 et celle très controversée de 2001, adoptée après les attentats du 11 septembre aux États-Unis et permettant la détention illimitée sans procès d'étrangers suspectés d'activités terroristes.

Le gouvernement travailliste espère voir entrer en application ces nouvelles dispositions «avant les prochaines élections législatives» prévues d'ici à 2006, a affirmé M. Blunkett dans une interview à l'agence de presse britannique Press Association lors de sa visite en Inde et au Pakistan. «Je pense que nous devons débattre de la façon dont nous pouvons fusionner la loi antiterroriste de 2000 et celle de 2001», a déclaré M. Blunkett. Ce nouveau texte, qui doit faire l'objet d'un débat public avant d'être déposé devant le parlement, prévoit qu'un Britannique suspecté d'activité terroriste pourrait être condamné non plus sur la base d'une culpabilité «au-delà du doute possible» mais simplement «probable».

Interrogé pour savoir s'il pensait qu'un Britannique pouvait être emprisonné sur cette base, M. Blunkett a répondu: «Oui. Je veux ce débat».

Il s'est également dit favorable à un procès de suspects terroristes qui pourrait avoir lieu en partie en secret, certains éléments n'étant pas communiqués à la défense, afin de protéger les sources du renseignement britannique, selon M. Blunkett.