Le «Hadj» endeuillé par une bousculade le jour de l'Aïd

Mina, Arabie saoudite — Le grand pèlerinage annuel de La Mecque, cinquième pilier de l'islam, a été endeuillé hier par une vaste bousculade lors du rituel de la lapidation des stèles à Mina. Selon le ministre saoudien chargé du Hadj, Iyad ibn Amin Madani, 244 fidèles ont été tués lors de ce mouvement de foule sur le pont de Djamarat, à Mina, et autant ont été blessés.

Il a ajouté que 272 autres personnes étaient décédées de mort naturelle au cours du Hadj, que tout musulman adulte et valide est tenu d'accomplir au moins une fois dans sa vie.

«Certains pèlerins n'étaient pas organisés et il y a eu ce matin [hier] une grande bousculade provoquée par des fidèles qui transportaient leurs effets personnels et ont, de ce fait, bloqué le passage [au reste du cortège]», a indiqué aux journalistes le ministre.

Selon Ali al-Choaby, responsable de la sécurité du Hadj, les victimes venaient pour la plupart d'Asie de l'Est et du Sud-Est, en particulier d'Indonésie et du Pakistan. Aucun bilan par nationalité n'a été communiqué. Seule l'Égypte a fait état de 13 morts parmi ses ressortissants. Quatre Sud-africains ont en outre été portés disparus.

Le drame s'est produit en pleine fête de l'Aïd el-Kebir (ou fête du Sacrifice), après l'arrivée d'environ deux millions de fidèles aux abords du pont de Djamarat, ouvrage de 15 mètres de large reliant deux falaises, pour lancer des pierres sur une stèle censée représenter le Diable tel qu'il apparut, selon la tradition, à Abraham.

Le grand pèlerinage de la Mecque donne régulièrement lieu à des bousculades mortelles en raison de l'affluence. En 1990, 1426 pèlerins avaient péri écrasés dans un tunnel piéton de la Mecque.