La pression publique sur Blair ne se relâche pas

Londres — Une majorité de Britanniques sont favorables à une enquête indépendante sur les renseignements des services secrets cités par Tony Blair pour justifier l'entrée en guerre de son pays contre l'Irak, révèlent plusieurs sondages publiés hier.

Ces études d'opinion réalisées pour le Mail on Sunday et le Sunday Times montrent que 61 % des personnes interrogées pour l'une, 54 % pour l'autre veulent une enquête sur le dossier des prétendues armes de destruction massive du régime de Saddam Hussein.

Lord Falconer, ministre des Affaires constitutionnelles, a déclaré sur la chaîne de télévision Sky, a estimé qu'il ne devait pas y avoir d'enquête. «Je pense qu'examiner et réexaminer sans cesse ce que les services secrets ont montré à un moment donné ne déboucherait sur pas grand-chose», a-t-il dit.

Mais, à l'image du débat en cours aux États-Unis, la question des prétendues armes nucléaires, bactériologiques et chimiques dont aurait disposé le régime irakien est revenue avec plus de vigueur sur le devant de la scène britannique.

En Grande-Bretagne, le débat a rebondi après la publication du rapport Hutton sur l'affaire Kelly.

Charles Kennedy, dirigeant du petit Parti libéral-démocrate, a prédit sur Sky «une clameur croissante [...] sur le nécessaire examen minutieux des justifications de l'entrée en guerre».

Quant au chef de l'opposition conservatrice, Michael Howard, il a annoncé son intention de déposer la semaine prochaine aux Communes une motion réclamant cette commission d'enquête.

«Il est de la plus haute importance que nous essayions de mettre au jour les dysfonctionnements au niveau du renseignement», affirme-t-il dans les colonnes du Sunday Telegraph.