Collision ferroviaire: neuf morts et deux disparus

Bad Aibling — Neuf personnes ont été tuées dans la collision frontale de deux trains survenue mardi matin dans le sud de l’Allemagne et deux personnes étaient toujours recherchées en milieu de journée, selon un nouveau bilan de la police, qui a revu à la baisse le nombre de blessés.

«Nous avons maintenant neuf morts. Le chiffre est confirmé», a indiqué à l’AFP Jürgen Thalmeier, porte-parole de la police locale. Le précédent bilan faisait état de huit morts.

Deux personnes, «vraisemblablement toujours dans les débris» des deux trains, restaient recherchées par les secours, a-t-il ajouté.

Dans un communiqué distinct, la police évoque «18 blessés graves et environ 90 blessés légers». Précédemment, elle avait parlé d’environ 150 blessés, dont 55 graves (parmi lesquels 15 particulièrement touchés).

La police judiciaire, sous la conduite du Parquet de Traunstein (sud-ouest) et appuyée par la police fédérale, a commencé à enquêter sur les causes de l’accident, a indiqué la police dans son communiqué.

«Je suis bouleversée et triste», a réagi la chancelière Angela Merkel, tandis que les enquêteurs s’efforcent de déterminer ce qui a pu provoquer la collision près de la ville thermale de Bad Aibling (sud) entre ces deux trains régionaux Meridian, marque de la compagnie bavaroise BOB.

La compagnie BOB est une filiale du Français Transdev, qui appartient au groupe français Veolia et à l’État français et dont le p.-d.g. Jean-Marc Janaillac s’est rendu sur place. Les trains de Meridian circulent sur le réseau régional bavarois.

Les pistes du «problème technique ou [d’une erreur] humaine» sont à l’étude, a dit sur la chaîne de télévision allemande n-tv le ministre des Transports, Alexander Dobrindt, parlant sur les lieux du drame d'«une catastrophe horrible».

La voie ferrée sur laquelle circulaient les deux trains était «sécurisée par le système PZB 90», censé éviter toute collision en «forçant les trains au freinage», a-t-il ensuite expliqué à la presse.

«Très grande souffrance»

Selon M. Dobrindt, l’accident a dû survenir «à une vitesse élevée», les trains pouvant atteindre 100 km/h sur ce tronçon situé «dans un virage, si bien que les deux conducteurs n’avaient pas de contact visuel».

Le choc s’est produit vers 7 h sur la ligne entre Rosenheim et Holzkirchen, dans un bois situé à environ 60 km au sud-est de Munich, la capitale de la Bavière.

Peu après le départ de la gare de Kolbermoor, «le train a subitement freiné, il y a eu un énorme bruit et la lumière s’est éteinte», a raconté un passager présenté comme étant «Patrick B.» à une radio locale allemande, Rosenheim 24.

L’homme a secouru l’un de ses voisins et ouvert une porte du convoi pour conduire les passagers sur un talus avant l’arrivée des secours. «Des appels à l’aide provenaient de la carcasse du train, mais on ne pouvait rien faire dans l’obscurité.»

D’après Joachim Hermann, le ministre bavarois de l’Intérieur, environ 700 membres des équipes de secours se trouvaient mardi sur les lieux, confrontés à «une très grande souffrance et des blessures inimaginables».

Le site, proche d’une petite rivière, étant difficile d’accès à pied, les hélicoptères ont fait des allers-retours toute la matinée pour hélitreuiller les blessés, a vu un journaliste de l’AFP.

Sécurité renforcée depuis 2011

Les sauveteurs ont dû découper l’avant des deux trains à la scie à métaux pour accéder à l’intérieur et voir si d’autres victimes s’y trouvaient. Des débris métalliques, jaunes, bleus et argentés – les couleurs du train –, jonchaient le sol.

Le trafic sur la ligne entre Rosenheim et Holzkirchen a été coupé, ainsi que deux routes locales, selon Meridian.

Le premier ministre français Manuel Valls a réagi sur Twitter: «Émotion après l’accident ferroviaire en Bavière. Solidarité de la France avec les blessés, les proches des victimes et nos amis allemands.»

Le transport ferroviaire allemand a été libéralisé à la fin des années 1990 et BOB est l’un des opérateurs concurrents de l’ex-monopole Deutsche Bahn. Celui-ci est toujours propriétaire du réseau ferré.

Plusieurs accidents ferroviaires sont survenus ces dernières années en Allemagne.

Les plus récents, en novembre et mai 2015, ont fait chacun deux morts, à la suite de collisions entre des trains et des véhicules. En janvier 2011, dix personnes avaient perdu la vie dans la collision entre deux trains à Hordorf (est), entraînant la généralisation en Allemagne du système PZB 90.

Un accident beaucoup plus grave avait eu lieu en 1998 : un InterCity Express (ICE), un train à grande vitesse reliant Munich (sud) à Hambourg (nord), avait déraillé, faisant 101 morts et 88 blessés à Eschede (nord). C’est la catastrophe la plus meurtrière en Allemagne depuis 1945 (102 morts près de Munich).