Grand ménage dans le camp d'Howard Dean

Washington - Le candidat démocrate Howard Dean, qui se bat pour sa survie dans la course à la présidentielle américaine, a donné un coup de balai dans son état-major pour essayer de remonter la pente à quelques jours d'une série de primaires où il se doit de faire bonne figure.

Il s'agit, pour l'ex-gouverneur du Vermont qui courait en tête avant d'échouer à la troisième place en Iowa puis à la deuxième au New Hampshire, de freiner l'élan du sénateur John Kerry, vainqueur incontesté de ces deux premiers tests électoraux.

«Cela va devenir une longue, longue guerre d'usure et nous nous y préparons», a promis Howard Dean en reconnaissant qu'il s'attendait depuis son entrée en campagne à maintenir l'avance que lui conféraient les sondages.

Principale victime de ce grand ménage annoncé par Dean: son directeur de campagne, Joe Trippi, remplacé par un ancien collaborateur de Bill Clinton et proche de l'ancien vice-président Al Gore.

«Cette campagne est un marathon, pas un sprint. Je me suis engagé à la mener dans les prochaines semaines dans tout le pays», écrit le candidat à l'adresse de ses partisans dans un communiqué faisant état de «la volonté de Joe Trippi de quitter la campagne».

Roy Neel, professeur de science politique à l'université Vanderbilt, tenait déjà le rôle de conseiller de Dean au sein de son état-major depuis début janvier. Il a dirigé la campagne d'Al Gore en 1992 au côté de Bill Clinton, puis en 2000 face à l'actuel président sortant, George W. Bush.

Trippi avait été l'architecte de la collecte sans précédent des fonds de campagne de Dean (40 millions de dollars) par Internet, ainsi que de la vague de soutien des jeunes et des opposants à la guerre en Irak par le même biais.

Révélant du même coup des difficultés financières dans son camp, Howard Dean a informé les 500 membres de son état-major qu'ils ne recevront pas leur salaire pendant deux semaines, ont indiqué ses collaborateurs.

Selon la presse américaine, la diffusion de spots publicitaires destinée à des télévisions dans plusieurs des États où doivent se tenir dans les prochains jours des primaires et des caucus (assemblées électorales) a également été annulée par souci d'économie.

Les prochaines échéances devraient être cruciales pour son maintien dans la course. Et la posture de Dean dans les sept États où sont organisés des primaires le 3 février est encore difficile à prévoir.

Selon la plupart des commentateurs politiques, sa réorganisation massive démontre que le candidat veut désormais mettre toute son énergie dans les États où le nombre de délégués qui choisiront le candidat à la présidence, fin juillet, lors de la convention démocrate à Boston, est le plus important, notamment le Missouri (74) et le Michigan (128).