Raïf Badawi aurait entamé une grève de la faim

L’épouse de Raïf Badawi, Ensaf Haidar, a indiqué que les autorités de la prison centrale de Dhahran refusent tout soins de santé à l’homme emprisonné depuis 2012 en Arabie saoudite.
Photo: Annick MH De Carufel Le Devoir L’épouse de Raïf Badawi, Ensaf Haidar, a indiqué que les autorités de la prison centrale de Dhahran refusent tout soins de santé à l’homme emprisonné depuis 2012 en Arabie saoudite.

La fondation portant le nom du blogueur et défenseur des droits de la personne Raïf Badawi a affirmé mardi que celui-ci avait entrepris une grève de la faim au cours des derniers jours, après avoir été transféré dans une cellule isolée de la prison où il croupit actuellement.

L’épouse de Raïf Badawi, Ensaf Haidar, a déclaré que les autorités de la prison centrale de Dhahran refusent tout soin de santé à l’homme emprisonné depuis 2012 en Arabie saoudite.

« Nous prions la Croix-Rouge ou Médecins sans frontières, ou tout autre organisme humanitaire international, de tenter d’intervenir afin de lui promulguer des soins de toute urgence. Il est au plus mal », indique la Fondation Raïf Badawi pour la liberté, dans un communiqué. « Et nous appelons la communauté politique internationale, via le Parlement européen et les Nations unies, à intercéder auprès du gouvernement saoudien pour que cesse cet acharnement envers le prisonnier d’opinion. »

 

La pointe de l’iceberg

Ces allégations ont toutefois été accueillies avec réserve par l’organisme de défense des droits de la personne Amnistie internationale Canada francophone.

« Nous sommes sceptiques. Nous sommes bien au fait de cette rumeur, mais on n’a pas été en mesure d’avoir une autre source que celle ayant appelé Mme Haidar », a indiqué une porte-parole d’Amnistie, Anne Sainte-Marie.

En décembre, des allégations selon lesquelles Raïf Badawi avait entamé une grève de la faim n’étaient pas fondées, selon elle.

« Ce qui reste préoccupant, c’est que Raïf soit toujours emprisonné, toujours à risque d’être fouetté. Le cas de Raïf n’est que la pointe de l’iceberg de la répression qui s’accentue en Arabie saoudite », a dit Mme Sainte-Marie. La première année au pouvoir du roi saoudien Salmane ben Abdelaziz al-Saoud a été « désastreuse » en matière de droits de l’Homme, a-t-elle ajouté.

M. Badawi a été condamné par le régime saoudien à 1000 coups de fouet et à 10 ans de prison pour ses opinions politiques. Son épouse Ensaf vit à Sherbrooke.

L’entourage du ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion s’est également montré prudent quant aux informations relayées par la Fondation Badawi, tout en appelant à la clémence des autorités saoudiennes.

« On est au courant de ces rapports [sic], mais on essaie d’en vérifier la validité », a déclaré Nicolas Doire, attaché de presse du ministre Dion. Le Canada a soulevé le cas Badawi lors de la visite à Ottawa du ministre saoudien des Affaires étrangères, en décembre. Le gouvernement continue d’exprimer avec insistance ses préoccupations au sujet de M. Badawi, à la fois publiquement et dans ses discussions diplomatiques, selon M. Doire.

1 commentaire
  • Normand Renaud - Inscrit 26 janvier 2016 21 h 18

    Intervention, deux mesures

    Je ne comprend pas comment il se fait que le Canada n'ait pas encore obtenu une libération.
    Pourtant le 2mars 2015, le porte-parole libéral en matière d’affaires étrangères, Marc Garneau a déclaré ceci:
    Le gouvernement doit agir immédiatement pour obtenir la libération de M. Badawi. Nous demandons instamment au ministre Nicholson de requérir de la façon la plus ferme possible que sa Majesté le roi Salman gracie Raif Badawi et l’autorise à revenir au Canada pour qu’il puisse rejoindre sa famille. »

    Source: https://www.liberal.ca/fr/declaration-du-parti-liberal-du-canada-a-propos-du-nouveau-proces-de-raif-badawi/

    Le 18 décembre dernier,M. Trudeau mentionne qu'il faut y aller de façon rapide, responsable et progressive.

    On parle ici d'un vie en jeu au nom de la liberté d'expression. Mais dès lors l'entrée au pouvoir du gouvernement, une instruction à la ministre, de renoncer à l'Appel du jugement en cour autorisant le port du visage caché à séance de Citoyenneté canadienne.

    D'un coté on permet à une personne d'avoir le visage caché pour devenir citoyenne, de l'autre des démarches sur le bout des pieds pour sauver une vie.
    Aurait-il fallu que M. Badawi s'écrase face au sol sur une plage,ou plutôt dans sa cellule pour que le Canada puisse lui accorder la Citoyenneté et le rapatrier ici?