Au moins 36 migrants se noient près de la Turquie

Istanbul — Au moins 36 migrants, dont plusieurs enfants, qui tentaient de rejoindre la Grèce, sont morts noyés mardi au large des côtes turques lors de plusieurs naufrages, les plus meurtriers survenus en mer Égée depuis le début de l’année.

Tout au long de la journée, les gendarmes ont repêché 29 corps sans vie sur les plages de la région de Balikesir (ouest), face à l’île grecque de Lesbos, et les garde-côtes sept victimes supplémentaires dans les eaux glacées de la mer Égée, a indiqué sous couvert de l’anonymat un porte-parole des garde-côtes.

Une première embarcation partie au petit matin de la région de Dikili (ouest) pour Lesbos a chaviré avec 22 personnes à bord, en raison des forts vents qui soufflaient sur la mer Égée, a rapporté l’agence de presse Dogan.

Malgré l’intervention des garde-côtes turcs, la plupart des passagers ont été découverts sur une plage du district d’Ayvalik plus au nord, selon l’agence. Des photos et des vidéos publiées par Dogan montrent les corps de plusieurs enfants revêtus de gilets de sauvetage reposant sur une plage de galets, ainsi que des sauveteurs les bottes aux pieds repêchant d’autres victimes dans l’eau.

Une autre embarcation, un bateau pneumatique dans lequel s’étaient entassés 58 migrants, a lui aussi pris l’eau mardi au large de la station balnéaire de Dikili. Les corps sans vie de plus d’une dizaine d’entre eux, dont des femmes et des enfants, ont été retrouvés sur une plage proche, selon Dogan. De nombreux autres candidats à l’exil ont pu être sauvés mais ont dû être hospitalisés en état d’hypothermie.

La Turquie, qui accueille à elle seule 2,2 millions de Syriens et 300 000 Irakiens qui ont fui leur pays en guerre, est devenue l’un des principaux points de départ des migrants qui veulent s’installer en Europe. Les autorités turques affirment avoir intercepté plus de 86 000 candidats à l’exil en 2015, soit une moyenne de plus de 150 par jour.

Malgré les températures hivernales et les mauvaises conditions météo qui rendent la traversée encore plus dangereuse, de nombreux migrants continuent d’emprunter cette voie, en nombre toutefois plus limité, selon Ankara.

La Turquie et Bruxelles ont conclu fin novembre un accord prévoyant une aide européenne de trois milliards d’euros à la Turquie en échange de son engagement à mieux contrôler ses frontières et à coopérer dans la lutte contre les passeurs.

La Suède

Par ailleurs, le nombre de réfugiés arrivés depuis le Danemark dans le sud de la Suède a fortement baissé au premier jour des contrôles d’identité systématiques imposés par Stockholm, a-t-on appris mardi auprès de la police.

La police de Scanie, la région de l’extrême sud du pays, a dit n’avoir contrôlé lundi que 48 réfugiés venant d’arriver en Suède. En excluant le Jour de l’an, il n’y en avait pas eu moins de 200 par jour depuis le 29 décembre.

« On peut dire que c’est une forte baisse. Mais cela ne fait qu’un jour, et on ne peut pas exclure que les réfugiés trouvent d’autres chemins pour entrer en Suède », a déclaré une porte-parole de la police régionale, Ewa-Gun Westford.

La Suède, dépassée par l’afflux de migrants, exigeait à compter de lundi une pièce d’identité pour tous les voyageurs entrant sur son sol depuis le Danemark, principale porte d’entrée des réfugiés dans le royaume.

Interrogé par l’agence de presse TT sur la possibilité de tentatives de traversée du détroit séparant les deux pays, un porte-parole des garde-côtes suédois, Mattias Lindholm, a répondu que la vigilance était de mise. « Nous devons être prêts à ce que des gens cherchent un autre chemin que le pont ou les ferries, que ce soit un réseau danois derrière cela ou des initiatives individuelles. »

La Suède n’a jusqu’ici recensé officiellement aucune arrivée de réfugiés sur une embarcation qui aurait traversé clandestinement la Baltique. La découverte début décembre d’un bateau pneumatique abandonné sur la plage de Skillinge (sud) avait soulevé des interrogations, mais la police des frontières avait estimé très douteux qu’il ait servi à cette fin.

Mais pour les militants qui aident les migrants, la tentation existe de se lancer sur la Baltique pour ceux qui veulent absolument rallier la Suède, par exemple parce qu’ils y ont des proches.