Le couvre-feu levé, un sombre bilan émerge

À Dargecit, un homme sillonnait les gravats, conséquence de l’intervention des forces turques.
Photo: Bulent Kilic Agence France-presse À Dargecit, un homme sillonnait les gravats, conséquence de l’intervention des forces turques.

Bâtiments en ruines, véhicules brûlés, cadavres d’animaux décomposés : les habitants de Dargecit, ville à majorité kurde du sud-est de la Turquie, ont commencé à regagner avec prudence leur maison mercredi à la faveur de la levée d’un couvre-feu de 19 jours.

Le couvre-feu avait été instauré le 11 décembre à Dargecit, ville de 20 000 habitants de la province de Mardin, et dans plusieurs autres villes du sud-est anatolien pour permettre à l’armée de lancer une vaste opération destinée à déloger les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) des centres urbains.

Mercredi, l’urgence pour les habitants de Dargecit était d’enlever des rues les cadavres d’ânes et autres animaux de ferme pourrissant à l’air libre, a constaté un photographe de l’AFP. Certains sillonnaient les rues boueuses de leur ville, inspectant les carcasses de véhicules brûlés et les murs des maisons qui tiennent encore debout.

Malgré la levée du couvre-feu, les forces spéciales de police maintenaient une forte présence dans la ville, où des centaines de personnes assistaient mercredi aux funérailles d’un homme tué dans les combats.

Nombreux décès

Les autorités ont affirmé avoir saisi deux tonnes d’explosifs et de nombreuses armes lors des quelque 110 perquisitions effectuées pendant le couvre-feu.

Trente-deux « terroristes » — terme employé par les autorités turques pour désigner les rebelles kurdes — ont été tués au cours de l’opération à Dargecit, ont déclaré les services du gouverneur de la province de Mardin dans un communiqué.

Mais deux habitants de la ville ont également perdu la vie dans les combats, ont reconnu les autorités, sans préciser les circonstances de leur décès.

Au total, l’armée turque affirme avoir tué plus de 200 militants du PKK lors de l’opération qui mobilise quelque 10 000 hommes. Un bilan invérifiable de source indépendante.

Mais selon les opposants du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde), les principales victimes du conflit, qui a repris l’été dernier, ont été les civils, avec 360 tués parmi lesquels 61 enfants et 73 femmes.

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