Boko Haram: les filles kamikazes ne savent pas qu’elles portent des bombes

Genève — Bon nombre des jeunes filles utilisées par le groupe islamiste Boko Haram pour mener des attentats suicides au Nigeria et dans les pays voisins ne savent probablement pas qu’elles portent des explosifs, a affirmé mardi une experte de l’ONU. Les islamistes de Boko Haram ont de plus en plus recours depuis quelques mois à des kamikazes, en majorité des femmes ou des filles — parfois très jeunes —, dans le nord-est du Nigeria, fief du groupe, au Cameroun, au Tchad et au Niger voisins. « Bon nombre d’entre elles ne savent pas qu’on va les faire exploser », a déclaré Leila Zerrougui, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour les enfants et les conflits armés, précisant que les explosifs étaient déclenchés à distance, selon les services de sécurité des pays touchés. Pour Mme Zerrougui, le recours à des enfants pour perpétrer des attentats suicides est l’une des pires manifestations du mépris croissant pour la sécurité des enfants dans des situations de conflit dans le monde, citant également l’exemple des enfants soldats ou utilisés comme boucliers humains par des groupes armés tels que l’organisation État islamique ou les anti-Balaka en Centrafrique.