Au moins 120 morts, l'état d'urgence décrété en France

Le secteur de la salle de spectacle du Bataclan, non loin de là, aurait aussi été ciblé.
Photo: Twitter Le secteur de la salle de spectacle du Bataclan, non loin de là, aurait aussi été ciblé.

Une fusillade et des explosions ont fait au moins 120 morts et 200 blessés à Paris, vendredi soir, forçant la France à décréter l’état d’urgence et à fermer ses frontières. Huit terroristes ont été neutralisés, ont annoncé les autorités au milieu de la nuit; sept d’entre eux se seraient donné la mort à l’aide de ceintures d’explosifs et un autre aurait été abattu par les autorités, selon Libération

Des suspects armés de kalachnikovs et munis de bombes ont mené des attaques en six ou sept endroits différents, dans l’est de Paris. Le secteur de la salle de spectacle du Bataclan a notamment été ciblé. Une prise d’otage a eu lieu à l’intérieur de la salle de concert. L’assaut sur l’établissement du boulevard Voltaire a été donné un peu après minuit. 

En tout, 100 personnes auraient été assassinées dans la salle de spectacle, a rapporté l’Agence France-Presse (AFP), qui cite la police locale. Trois assaillants se seraient donné la mort en déclenchant leurs ceintures d’explosifs, tandis qu’un quatrième aurait été touché par la police avant d’exploser en tombant, toujours selon l’AFP.

Plusieurs témoins joints par les médias locaux ont rapporté qu’au moins un des assaillants du Bataclan aurait invoqué l'intervention française en Syrie pendant qu'il ouvrait le feu. Ailleurs, des témoins ont indiqué que les agresseurs auraient crié le nom d’Allah pendant qu’ils perpétraient le massacre. 

Presque simultanément, des explosions ont résonné dans le secteur du Stade de France, plus au nord. L’AFP cite des sources qui indiquent qu’au moins une des explosions aurait été provoquée par un kamikaze.  Quatre personnes y seraient mortes, et trois d’entre elles seraient des terroristes, selon l’AFP. Un match amical opposant la France à l’Allemagne se déroulait dans le stade. Le président français, François Hollande, a été escorté hors de l’endroit pendant que la partie continuait.

Mais il y est retourné plus tard, vers 2 h du matin, entouré de ses ministres. Sur place, il a évoqué une « abomination », « une barbarie »

« Nous voulions être là, parmi ceux qui ont vu ces choses atroces, pour dire que nous allons mener le combat, qu’il sera impitoyable », a affirmé le chef d’État. 

Le président avait livré une annonce à la nation plus tôt, vers minuit. L’air ébranlé, il a annoncé le décret de l’état d’urgence et la fermeture de toutes les frontières du pays.

« Il y a beaucoup de blessés. C’est une horreur. Nous avons mobilisé toutes les forces possibles pour la neutralisation des terroristes », a-t-il affirmé. « J’ai demandé des renforts militaires pour être sûr qu’aucune autre attaque ne puisse avoir lieu. »

Sans détour, le président français a évoqué une attaque terroriste « sans précédent ». Mais il ne s’est pas avancé sur l’identité ou la localisation du ou des suspects. « Nous savons qui ils sont, qui sont ces criminels, qui sont ces terroristes », a-t-il déclaré. « Ce que les terroristes veulent, c’est nous faire peur, nous saisir d’effroi. […] Face à l’effroi, il y a une nation qui sait se défendre et qui saura faire face. »

François Hollande a annulé son voyage en Turquie, où il devait participer samedi au G20. Les ministres français des Affaires étrangères et des Finances, Laurent Fabius et Michel Sapin, le remplaceront. Un Conseil de défense se réunira samedi matin à l’Élysée.

La justice française a ouvert une enquête pour « assassinats en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs », a précisé le magistrat responsable de l’enquête. La Direction générale de la sécurité intérieure, la direction centrale de la police judiciaire et la section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris ont été saisies du dossier. 


« L’enquête va s’attacher à déterminer ce qu’il s’est passé sur six sites: au stade de France, boulevard de Charonne avec 18 morts, boulevard Voltaire avec un décès, rue Alibert avec 14 décès, et rue de la Fontaine au Roi avec cinq morts », a annoncé le procureur de la République de Paris, François Molins, dans un point de presse.
 

Des témoignages troublants 

Un homme qui prétendait être dans le Bataclan a fait état d’un carnage sur sa page Facebook. « Je suis encore au Bataclan. 1er étage. Blessé grave ! Qu’ils donnent au plus vite l’assaut. Il y a des survivants à l’intérieur. Ils abattent tout le monde. Un par un. 1er étage vite !!!! » a écrit Benjamin Cazenoves. « Vivant. Juste des coupures... Un carnage... Des cadavres partout », a-t-il encore publié, quelques minutes plus tard. 

« On n'a rien vu, mais je constate, nous qui sommes à mi-chemin entre le Bataclan et la rue de Charonne, que les rues sont complètement désertes », explique au Devoir un journaliste québécois qui habite dans le secteur, rue Lacharrière. « Il n’y a plus de voitures du tout, ce qui est exceptionnel pour un vendredi soir dans un quartier aussi bobo où pullulent les bars et les restos. »

Le Québécois Maxime Cloutier, qui fait des séjours réguliers à Paris depuis quelques années, était dans un restaurant du 5e arrondissement avec des amis lorsque les premières informations concernant les attaques ont commencé à filtrer. « On a rapidement senti un changement dans l'ambiance de la salle. Alors que tout le monde soupait tranquillement, les gens se sont soudainement précipités sur leurs portables pour avoir des nouvelles de leurs proches », raconte-t-il. Il affirme avoir vu passer au moins une quinzaine d'ambulances devant le restaurant depuis le début des attaques.

M. Cloutier se demande s'il sera en mesure de rentrer chez lui ce soir, puisque son appartement se trouve en plein dans le 11e arrondissement, à quelques minutes de marche du Bataclan. Le quartier autour de son logement sera probablement bouclé par les policiers pendant plusieurs heures, selon lui.

L’étudiant n'était pas à Paris lors des événements de Charlie Hebdo en janvier dernier, mais ses collègues estiment que l'ambiance qui règne sur la ville est similaire, « peut-être même un peu plus intense » qu’elle ne l’était à ce moment. 

Contrôle des frontières et appels à la bombe

Les événements surviennent à deux semaines de l'ouverture du Sommet de Paris sur le climat. Des dizaines de chefs d'État et de gouvernement, mais aussi plusieurs ministres représentant les 195 pays en négociations sont attendus dans la capitale française dès le 30 novembre. La France venait d'ailleurs, ce vendredi, de rétablir le contrôle de ses frontières en prévision de la conférence de Paris.

La gare de Lyon et l’hôtel Molitor ont par ailleurs été ciblés par des appels à la bombe, plus tôt dans la journée. Les deux établissements ont été évacués, mais les menaces ne se sont finalement pas avérées. 

L’attaque n’est pas sans rappeler celle qui a secoué la France le 7 janvier, quand les bureaux de l’hebdo satyrique Charlie Hebdo ont été attaqués par deux hommes armés. Le journal a déménagé depuis, mais son ancienne adresse se trouvait à un jet de pierre du Bataclan.

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2 commentaires
  • - Inscrit 13 novembre 2015 21 h 23

    L'important ... c'est de ne pas avoir peur .. jamais !!

    Le propre du terrorisme est de faire croire en une force immense même s'ils ont de faibles moyens ... trois cinglés ont pu avoir tant d'impact ?

    Songeons-y un peu et continuons à vivre. Et surtout à montrer que nous vivons !

    Ce qui est dommage c'est que la France ait choisi d'éteindre la tour Eiffel ! On aurait dû l'allumer de ses pleins feux !

  • Denis Paquette - Abonné 14 novembre 2015 00 h 42

    Des aptitudes et de l'humilité, vive la France

    Pourquoi la laicité francaise est-elle si menacante en fait y a-t-il d'autres pays avec ce courage, que je suis fier de faire parti de cette culture sans flafla, peut-être y a-t-il des réalités plus difficile a accepter que d'autres, est ce si difficile d'accepter que nous sommes exactement comme tout ce qui est vivant, voir que des êtres de passage , peut-être que ca exige quelques aptitudes et humilité et mort a tous les lâches et les halucinés