Syndrome de la mort subite du nourrisson plutôt qu'infanticides? - Révision de 258 procès en Grande-Bretagne

Londres - Deux cent cinquante-huit cas de parents, condamnés ces dix dernières années en Grande-Bretagne pour le meurtre de leur bébé, vont être révisés après l'acquittement en décembre d'une mère accusée d'avoir tué ses deux fils, sans doute victimes de la «mort subite du nourrisson», a confirmé le gouvernement hier.

La révision sera également étendue aux cas civils de parents auxquels les enfants ont été retirés après la mort d'un nourrisson, a annoncé hier à la Chambre des communes le procureur général adjoint Harriet Harman.

Lundi, la Cour d'appel de Londres, motivant sa décision en décembre d'acquitter Angela Cannings, avait demandé de mettre fin aux poursuites judiciaires dans tous les cas où il existe une «possibilité raisonnable» que la mort de l'enfant soit due au syndrome de la «mort subite du nourrisson».

Le juge avait motivé cette requête en expliquant que la science était «encore aux portes de la connaissance» sur la question des morts inexpliquées des jeunes enfants.

Dans une réponse écrite à une question parlementaire, le procureur général Peter Goldsmith a affirmé qu'après la décision de la cour d'appel d'acquitter Angela Cannings, il avait demandé à ses services d'identifier les erreurs judiciaires potentielles.

«Pour l'instant ont été identifiées 258 condamnations pour meurtre, homicide involontaire ou infanticide d'un bébé de moins de deux ans au cours des dix dernières années», a déclaré M. Goldsmith dans cette lettre.

«Je m'intéresse particulièrement aux cas pour lesquels les [parents] ont été condamnés à des peines de prison qu'ils purgent encore actuellement. Nous avons identifié 54 cas» de ce type, auxquels sera accordée «la plus haute priorité», a-t-il précisé.

«J'ai aussi demandé au parquet de réviser 15 cas en cours de procédure impliquant la mort inexpliquée d'un nouveau-né du type de celle décrite dans le jugement» de lundi.

Mme Cannings a assuré hier que les 258 dossiers seraient traités «en procédure accélérée».

«Nous ferons en sorte que non seulement les injustices dans le système judiciaire criminel mais également les injustices potentielles dans les procédures civiles soient identifiées et corrigées», a-t-elle déclaré aux députés.

«Nous devrions reconnaître que pour les femmes qui ont perdu un enfant et qui se sont ensuite fait retirer la garde d'un autre enfant [...], la peine de prison n'est rien à côté des souffrances terribles qu'elles ont endurées», a-t-elle ajouté.

Angela Cannings, 40 ans, avait été condamnée en avril 2002 à la prison à vie pour le double meurtre de ses fils, Jason, âgé de sept semaines, en 1991, et Matthew, 18 semaines, en 1999. Son premier enfant, Gemma, était également décédé, à l'âge de 13 mois, en 1989.

Un rapport d'expert, principale base de sa condamnation, qui avait affirmé que plusieurs morts subites de bébés étaient «très, très rares» dans une même famille, a ensuite été remis en cause.

L'auteur du rapport fait l'objet d'une enquête de l'Ordre des médecins pour faute professionnelle.