«Clôture de sécurité» en Cisjordanie - Sharon reporte un changement du tracé

Israël justifie sa «clôture de sécurité» de 150 km faite de parois de béton, de barbelés et de tranchées, par la nécessité de barrer la route aux kamikazes palestiniens dont les attentats ont causé la mort de plus de 400 Israéliens ces trois
Photo: Agence Reuters Israël justifie sa «clôture de sécurité» de 150 km faite de parois de béton, de barbelés et de tranchées, par la nécessité de barrer la route aux kamikazes palestiniens dont les attentats ont causé la mort de plus de 400 Israéliens ces trois

Les ministres de la Sécurité et de la Justice du gouvernement israélien ont entamé hier des discussions sur le tracé de la «clôture de sécurité» séparant Israël de la Cisjordanie. L'objectif est de tenter de rendre cette barrière contestée plus défendable devant la justice israélienne, mais surtout internationale.

Jérusalem — Le mini-cabinet israélien a reporté hier une éventuelle modification du tracé de la ligne de séparation construite pour partie en Cisjordanie, alors que la Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye doit se saisir de ce dossier le 23 février.

«Il est possible que des réflexions supplémentaires soient nécessaires pour un changement du tracé qui permettrait de réduire le nombre de problèmes liés au fonctionnement de la clôture sans porter atteinte à la sécurité», a affirmé le premier ministre Ariel Sharon au mini-cabinet, selon un communiqué de la présidence du conseil.

L'Assemblée générale de l'ONU a demandé le 8 décembre 2003 à la CIJ un avis consultatif sur «les conséquences en droit de l'édification du mur qu'Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé».

Prévue au départ pour empêcher l'infiltration de kamikazes palestiniens en Israël, la barrière en cours de construction était censée épouser grosso modo le tracé de la «ligne verte», qui séparait Israël et la Cisjordanie avant la guerre de juin 1967. Mais dans son tracé actuel, l'ouvrage de 730 km de long, qualifié de «clôture antiterroriste» par Israël, s'enfonce par endroits profondément en Cisjordanie pour protéger des colonies israéliennes. Des dizaines de localités palestiniennes de cette région et dans les faubourgs de Jérusalem-est vont également être encerclées, isolant 350 000 Palestiniens.

M. Sharon a prévenu qu'il «n'y aura pas de changement du tracé qui pourrait résulter d'exigences palestiniennes ou de l'ONU». Selon lui, une telle modification ne pourrait intervenir qu'à la suite d'une décision israélienne.

«L'expérience de ces derniers mois avec la portion de la clôture déjà construite est à la fois positive et négative. Elle a été excellente pour la prévention du terrorisme, mais elle n'est pas satisfaisante pour la qualité de vie des Palestiniens», a ajouté M. Sharon.

Le premier ministre a également admis l'existence de «difficultés légales» en Israël que pose la construction de la barrière. La Cour suprême israélienne, la plus haute instance judiciaire israélienne, doit se prononcer à la fin du mois sur sa légalité avant que le dossier soit examiné par la CIJ.

Le procureur de l'État, Edna Arbel, agissant en qualité de conseiller juridique par intérim du gouvernement, a préconisé un changement du tracé de l'ouvrage en affirmant qu'elle aurait du mal à défendre la position du gouvernement devant la Cour suprême. Durant la réunion du mini-cabinet, le ministre de la Justice Tommy Lapid a de nouveau préconisé un tracé alternatif, qui épouserait davantage la «ligne verte», a indiqué la radio militaire israélienne.Le mini-cabinet a également fixé dans ses grandes lignes le dossier qu'Israël va présenter à la CIJ à la fin du mois.

Dans ce document, l'État hébreu dénie à la Cour le droit de se prononcer sur la légalité de cette barrière, tout en affirmant que ce projet a un caractère «défensif contre le terrorisme», a ajouté la radio.