Un état de l'Union sur l'Irak

Washington — À dix mois de l'élection présidentielle, George W. Bush prononcera demain soir le traditionnel discours sur l'état de l'Union, qui sera dominé par la défense de sa politique en Irak et en matière économique.

Le président, qui a commencé à travailler sur son allocution vendredi dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, devait y consacrer une partie du week-end.

Bush devra répondre aux critiques des démocrates, qui lui reprochent d'avoir lancé les États-Unis dans la guerre en Irak sous le prétexte de la présence d'armes de destruction massive. Il devrait rappeler que la guerre a permis à des millions d'Irakiens de s'affranchir de la férule de Saddam Hussein et qu'elle offre aujourd'hui la chance d'établir un régime démocratique au Proche-Orient.

«Il devrait s'en tenir à sa politique sur l'Irak et redire qu'elle a été la bonne», a confié un haut fonctionnaire de l'administration.

«Il sera très clair sur les raisons qui ont justifié [l'intervention en Irak] et sur la manière dont elle a rendu le monde plus sûr et moins dangereux», a-t-il poursuivi.

Nancy Pelosi, chef de file des démocrates à la Chambre des représentants, a appelé le président à expliquer comment les États-Unis allaient retrouver leur place dans le concert des nations après une guerre à laquelle des alliés traditionnels des États-Unis se sont opposés et que Washington s'est retrouvé presque seul à financer.

«À chacune des étapes de l'effort, la politique du président a été caractérisée par la confusion et par le doute», a déclaré la représentante démocrate de Californie.

Bush devrait faire valoir une série d'indicateurs économiques favorables pour démontrer l'efficacité de sa politique de baisse d'impôts dans la relance de l'activité.

«Notre économie traverse une phase décisive. Elle continue de se raffermir, mais nous devons continuer d'agir pour créer un environnement aussi vigoureux que possible pour la création d'emplois», a reconnu le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan.

À l'approche de l'échéance présidentielle, les démocrates soulignent les piètres résultats de l'administration Bush en matière de création d'emplois et dénoncent la dérive du déficit budgétaire, qui devrait atteindre 500 milliards de dollars, cette année.

L'ampleur du déficit public inquiète aussi les républicains les plus conservateurs de la Chambre des représentants qui ont demandé au président, en privé, de mieux maîtriser les dépenses. Bush devrait soumettre au Congrès le 2 février un budget fédéral pour 2005 d'un montant total de 2300 milliards de dollars avec une hausse des dépenses plafonnée à 4 % pour la plupart des grands programmes gouvernementaux et un objectif de division par deux du déficit à un horizon de cinq ans.