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Paris et Berlin cherchent des moyens d'aider l'Irak en matière de sécurité

Paris - La France et l'Allemagne, opposées à la guerre en Irak, ont réaffirmé séparément hier qu'elles étudiaient les moyens d'aider l'Irak dans le domaine de la sécurité, alors que les États-Unis viennent d'annoncer qu'elles pourraient participer à la reconstruction du pays. «Nous travaillons d'ores et déjà à la possibilité de répondre dans le domaine de la sécurité, en particulier par la création d'une école de gendarmerie, par la formation de la police», a déclaré hier le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin.

«Nous verrons quelles sont les demandes des autorités irakiennes en matière de sécurité» une fois que le transfert de souveraineté, prévu le 30 juin, sera effectif, a dit M. de Villepin au cours de la cérémonie des voeux à la presse au ministère des Affaires étrangères. «Nous préciserons, a-t-il ajouté, dès lors qu'un gouvernement sera formé en Irak, la position qui est la nôtre.»

Il a toutefois assuré que la question de l'envoi de militaires français en Irak n'était pour l'instant «pas d'actualité» et qu'une assistance en matière de sécurité ne pourrait intervenir qu'en réponse à un pays souverain. «Pour nous, il y a bien au coeur de la question irakienne la question du vide politique actuel, a expliqué le ministre. Nous verrons comment tout ceci pourra s'harmoniser avec une force internationale des Nations unies en fonction des demandes qui seront faites» par les autorités irakiennes souveraines.

Aux termes d'un accord signé le 15 novembre, la souveraineté doit être transférée aux Irakiens le 30 juin 2004 et une nouvelle administration irakienne mise en place.

Le ministre allemand de l'Intérieur, Otto Schily, a fait savoir qu'il se rendrait dès aujourd'hui aux Émirats arabes unis (EAU) pour évoquer les modalités de la formation sur place de policiers irakiens, assurée par l'Allemagne. Le chancelier allemand, Gerhard Schröder, tout comme M. Villepin, a conditionné hier une assistance à la mise en place d'un gouvernement irakien souverain. «En cas de demande d'aide du gouvernement démocratique irakien, notamment en cas d'attentat, nous ne pourrons pas nous refuser à l'offrir, notamment en ce qui concerne le transport de blessés et les victimes d'attentat», a-t-il déclaré.

Mercredi, le chancelier avait évoqué devant des députés la possibilité d'envoyer en Irak des avions-hôpitaux de l'armée, à la condition d'être mandaté par les Nations unies. Cette proposition d'engagement militaro-humanitaire est un nouveau pas en direction des États-Unis, un mois après l'acceptation par Berlin, comme par Paris, d'une «réduction substantielle» de la dette irakienne dans le cadre du Club de Paris. Les déclarations de Paris et Berlin surviennent alors que les États-Unis viennent de faire savoir à ces pays qu'ils pourraient finalement participer à la reconstruction de l'Irak. En marge du Sommet des Amériques, Sean McCormack, porte-parole du conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, a déclaré mardi que la France et d'autres nations pourraient être impliquées dans la deuxième phase de reconstruction.